EXPOSITION - Derniers jours …. à ne pas manquer

 

Thomas_Hirschhorn_4«Je veux essayer de faire un travail qui est ouvert à ce qui n’est pas positif. Je veux faire un travail qui n’est pas négatif, mais qui se confronte avec ce qui n’est pas donné, ce qui n’est pas à toucher et ce qui n’est pas pas positif. Je veux, avec mon travail, oser toucher ce qui est intouchable. Je veux travailler à la Frontière de l’intouchable. Je veux enfin pouvoir donner Forme à l’exigence qui est urgente et irrésistible : Chaque blessure est ma blessure ! Chaque mort est ma mort. Chaque inégalité est mon inégalité. Chaque injustice est mon injustice. Chaque peine est ma peine.

 

Il faut résolument contrer toutes les tentatives d’explications et d’informations : Qui est la victime ? Qui est le bourreau ? C’est moi qui est le bourreau et la victime c’est moi, c’est moi et personne d’autre. C’est moi tout seul qui est responsable. C’est moi qui est responsable pour tout.

Insister me paraît évidence même ; Répéter ou Revoir, Repenser, Refaire.Je veux donner Forme à l’affirmation que je suis responsable pour chaque blessure infligée partout. C’était ça ma tentative avec mon exposition « Concretion » au Creux de l’Enfer en 2006 et je veux insister, me répéter avec mon exposition « Concretion Re » à la Galerie Chantal Crousel en 2007.

 

J’ai lu les textes : « Philosophy as Creative Repetition », d’Alain Badiou, et « Événement et répétition »∗, de Mehdi Belhaj Kacem.»

Thomas HIRSCHHORN

artiste suisse âgé de 50 ans, vit et travaille en France.

 

Thomas_Hirschhorn_2Certainement l’exposition la plus troublante actuellement présentée à Paris.

 

L’extrait de la note d’intention qui accompagne l’exposition apporte un éclairage sur le parti pris ou plutôt devrais-je dire sur la dénonciation silencieuse mais tellement éloquente de l’artiste.

 

Une prise de position, un manifeste nourri de réflexions philosophiques, une réalité qui prend forme, que l’artiste concrétise physiquement comme pour nous interpeller sur tous nos silences et notre passivité devant toutes ces horreurs qu’il nous est données de voir aujourd’hui à travers le monde.


Le visiteur se retrouve face à tous ces corps de manequins anonymes, nus, bardés de protubérances, transpercés de vis , monstrueusement mutilés …. tantôt présentés dans des vitrines comme pour stigmatiser la distance, tantôt bien rangé dans des étagères à l'image des accumulations de crânes de quelques catacombes soudain mis en pleine lumière.


Un dispositif scénique complèté par des pêle-même d'images , comme autant de catalogues d'horreurs et autres monstruosités. On confine à l’insoutenable mais la prolifération d’images évite d’avoir à se fixer sur une, pour les entrevoir toutes.

 

Thomas_Hirschhorn_1Humanité dépecée dans tous ces recoins de détresse, misère humaine, difformités et autres stigmates de guerre, douleurs sans voix …. Cette antre, aux allures de salle de torture labyrinthique, ou l’on se retrouve confronté à cette souffrance collective, ce corps qui est un et tous à la fois, réussi à créer une appréhension chez le regardeur en ce qu’il génère un doute, une angoisse au point de se demander s’il l’on va pouvoir en réchapper et retrouver la sortie, preuve que l’installation fonctionne parfaitement !

Certains visiteurs sortent abasourdis, hébétées, désemparés d’autres noient dans une logorrhée verbale leur désarroi devant cet étalage de misères humaines !

 


C’est une expérience sensible indescriptible  ... à voir ou plutôt à vivre impérativement !


Galerie Chantal CROUSEL - 10 rue Charlot dans le 3ème à Paris.