31 août 2007
Biennale de Venise - L'installation "LIBERTE" de LARS RAMBERG alimente la controverse ! ...
Digne héritier de Duchamp ou simple provocateur, gare aux approches simplistes de l’installation qui trône littéralement devant le pavillon nordique à la 52ème Biennale de Venise.
Semble-t-il notre misnistre de la culture n’aurait pas même daignée y jeter un oeil, lors de l’inauguration de la Biennale, trop empressée sans doute à vouloir faire allégeance à quelques mécènes ayant pignon sur canal.
Passé l’effet de surprise et d’amusement, il est intéressant de revenir à la genèse de ce projet.
Lars Ramberg, artiste norvégien, développe depuis plus de 10 ans déjà, un vocabulaire artistique, combinant au travers d’installations et de performances, souvent mises en forme à partir de simples mots, lettres géantes et néons. une analyse à la fois conceptuelle et politique à même d’instaurer une forme de résistance artistique, récurrente, cohérente et au final efficace, car propre à alimenter controverses et débats.
Lars Ramberg conçoit initialement ce projet dans le cadre de la compétition publique lancée par le gouvernement norvégien en vue de célèbrer l’avènement de la constitution norvégienne. Dans un premier temps, désigné comme vainqueur de la compétition il sera finalement écarté et l'installation ne verra le jour qu’en 2005, à l’occasion de l’exposition “Kiss the frog” célébrant le 100ème anniversaire de son indépendance vis à vis de la Suède.
L’installation réalisée avec le soutien de la filiale norvégienne de Jean Claude DECAUX, est composée de 3 sanisettes, chacune repeinte dans une des couleurs du drapeau tricolore, surmontées d’une enseigne lumineuse, avec l’un des trois mots de la devise nationale française : "LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE".
A l’intérieur, une bande son diffuse en permanence des extraits de discours de grand hommes d’état comme le Général de Gaulle, le roi Haakon VII de Norvège, le Président des Etats Unis Franklin Roosevelt, avec en fond sonore l’hymne nationale de ces 3 pays.
Le choix de la devise française et des couleurs tricolores ne constitue pas en soi une provocation puisqu’il s’agit au contraire de rappeler que la constitution française a servi de modèle pour la rédaction de celle des Etats Unis et bien plus tard de la Norvège, les trois couleurs bleu, blanc, rouge, n’en déplaise à quelques esprits cocardiers chagrins, figurent également sur les drapeaux américain, britanique ou norvégien.
La notion d’universalité est donc essentielle dans cette installation, le visiteur étant invité à entrer dans l’univers intime et clos de la sanisette pour revivre un moment d’histoire, se forger une conviction intime sur ces notions élémentaires et ces valeurs de la République, encore trop souvent bafouées. Ce concept d’identité nationale, garantissant les libertés de chacun, est donc non spécifiquement national mais interchangeable et universel.
Au delà, cet univers clos dans l’espace public peut permettre de créer un espace de liberté et de permissivité, aussi longtemps que nous ne serons pas entrés dans la phase 2 du rêve Orwellien … la vigilance s’impose et c’est avec beaucoup d’humour que Lars Ramberg nous le rappelle ici.
Bon week end et à lundi pour la suite de ces compte rendus en direct de la Biennale de Venise
Olivier Castaing, Consultant artistique, Venise le 26 août 2007
Découvrez le site officiel de l'artiste LARS RAMBERG
Ne soyons pas facétieux, il ne s'agit pas des bagages de la délégation française que l'on achemine vers les Giardini mais bel et bien l'installation de Lars Ramberg, et la foule des grands jours qui ne fait pas encore la queue pour les toilettes mais écoute sagement le discours inaugural devant le pavillon nordique.
Gageons que nous aurons un jour l’occasion de présenter cette installation en France à Paris
et espèrons le en d’autres lieux de l’hexagone.
Pour ceux que notre goût de chiotte ou quelques relents nauséeux indisposeraient, il leur reste toujours l’opportunité de pouvoir se soulager en musique ! …
03 août 2007
Absence à durée déterminée : j'use ma mine ... bonne mine !
Vive les vacances, point de clavier à portée de main, foin d'expos, concerts ou autres activités culturelles si ce n'est quelques résidus délavés ou aquarellées des bords de mer, direction farniente pour un break bien mérité.
Nous vous donnons rendez-vous début septembre pour un festivus festivus delectus maximus, avec de nouvelles plumes pour de nouvelles découvertes.
L'équipe d'ART ADDICTION
PS si on vous manque ... , n'hésitez pas à feuilleter les PORTFOLIOS du BLOG ! ...
01 août 2007
Antonioni, Bergman, Serrault ... 3 géants tirent leur révérence !
En 1964 parlant de l’engagement d’Antonioni, Umberto Eco
écrit: «Une œuvre d’art qui nous fait
prendre conscience de la nature de nos rapports avec les autres et avec les
choses, en en démasquant les éléments trompeurs, en mettant à nu certaines
structures portantes: c’est la seule et unique œuvre d’art qui mérite, à nos
yeux, l’appellation d’engagée. Les autres ne sont que des exercices de style
qui exploitent la chair et le sang d’autrui pour écrire du beau langage.»
La mort de 3 géants du cinéma … un mauvais remake de l’été
meurtrier ou plutôt le dernier épisode de vies bien remplies, exemplaires le
plus souvent, généreuses et palpitantes comme on souhaiterait qu’elle soient
pour chacun de nous. A croire qu’il se sont donnés le mot, voire la politesse
pour sortir par ordre, en rang serré tout de même.
Le trublion truculent que fut Serrault, jeune homme du trio
qui aura notamment marqué le cinéma français de ses facéties de « folle en
cage », le géant du cinéma suédois, venu du théâtre, un auteur d’exception
ayant toujours privilégié les mots et les dialogues, et enfin le doyen, entré
depuis trop longtemps malgré lui dans une retraite silencieuse comme pour mieux méditer les images dont il fut le
chantre, donner à voir l’âme humaine au travers de fresques semblables à celle
du grand maître de la peinture italienne de la Renaissance « Piero della
Francesca » dont il fut un inconditionnel.
J’ai eu la chance de voir de nombreux clichés des peintures
qu’Antonioni réalisait sur papier, figures abstraites devenues comme un substitut
de langage. Espérons qu’elles feront un jour l’objet d’un accrochage dans le
cadre d’une belle rétrospective.


































































