30 septembre 2007
Cellula Phantastica : une Exposition d'Emilie BENOIST à la Galerie Eva HOBER à Paris
De très nombreux artistes se sont passionnés pour la science en générale et la médecine en particulier, du Moyen-âge à nos jours, de Léonard de Vinci à Andy Warhol, en passant par Monet ou Kandinsky les artistes ont sans cesse renouvelés, interprétés leurs visions sur les sciences et les recherches,.
Le corps a toujours était un sujet d'étude privilégié pour les plasticiens et les savants. Qu’il s’agisse de représenter la vie et de la magnifier ou de mieux la comprendre pour la préserver, on retrouve chez les artistes comme chez les médecins une semblable soif de connaissance.
Les artistes ont donc joués un rôle déterminant dans l'histoire de l'anatomie tributaire de la représentation graphique alors que dans le même temps l'art se nourrissait des progrès de l'anatomie en Europe. Dès la Renaissance et jusqu'au Romantisme, de Léonard de Vinci à Rubens en passant par Dürer, tous ces artistes ont bravé les interdits, s’adonnant à la dissection pour comprendre le fonctionnement du corps soucieux de révéler une autre vérité. Léonard de Vinci, «peintre anatomiste» comme il aimait à se présenter, considère le dessin comme «un outil de compréhension de la fonction et de la structure». Ce n’est qu’à partir de 1543 avec André Vésale, médecin anversois et la publication de son «De corporis humani fabrica» - la fabrique du corps humain - que l'anatomie scientifique à proprement parlé débute. Les 300 planches de la Fabrica, explorent méthodiquement le corps, constituant la référence pour les artistes pendant près de 300 ans.
Tout comme ses illustres prédécesseurs, Emilie Benoist a fait de la médecine sont sujet de prédilection, son oeuvre se démultipliant telle une prolifération créative, sous diverses formes et formats, plans et coupes en relief, dessins ou sculptures en 3 dimensions. Depuis plusieurs années elle se focalise sur l’infiniment petit quelle donne à voir, réseaux connectés, connexions synaptiques, déflagrations colorées d’une constellation de circonvolutions membraneuses ou filamenteuses aussi complexes que mutantes.
Littéralement fascinée par la représentation scientifique et médicale du corps, ses structures et ses formes de développement, elle n’a de cesse de les représenter. Cela pourrait s’apparenter à une quête permanente par laquelle l’artiste prend position dans une société uniformisée régit par les modes et les tendances, où il devient de plus en plus difficile de distinguer le singulier, l’individuel, et au final «le dedans».
De la même manière à l’heure de l’image de synthèse, du photo-shop omniprésent dans tous les travaux d’artistes, le choix de matériaux modestes, le plus souvent de récupération, magnifiés au travers de la représentation et de l’œuvre, du dessin au graphite avec quelques rehauts de couleurs, témoigne d’un parti pris revendiqué de s’affranchir de toutes les contraintes de matérialité et de technologie pour produire.
À la limite entre l’abstraction et la figuration, son œuvre se construit dans un rapport de tension entre le microscopique, voire le macroscopique et le monumental ou macrocosmique. Cette prolifération comme une implacable contamination kaléidoscopique et moléculaire envahit dessins et représentations en relief ou en 3D.
Dans sa dernière exposition nous découvrons une prolifération de billes de polystyrène agglomérés en une gigantesque forme trapézoïdale, qui resituée dans le contexte de sa récente résidence en Inde du sud, à Pondichéry, prend tout son sens.
Utilisant la cartographie d’anciens temples jaïns elle reconstruit, patiemment, strates par strates cette géographie mentale, arachnéenne prolifération cellulaire à l’image des dentelles de pierres et marbres qui ornent ces temples.
Puis elle se positionne à la base du cerveau, dans le prolongement de notre épine dorsale, créant une sublime et minimaliste reconstitution faite d’une branche de noyer qu’elle a révélée dans toute la nudité de sa gangue, poli jusqu’à sembler totalement organique, tel un ossement fossile qui serait tombé là à la manière d’un météorite géant.
Le format XXL permet une véritable confrontation, occupant tout l’espace de la Galerie pour engager un véritable «tête à tête» cérébral avec le regardeur.
Comme l’écrivait Michel Poivert à propos du projet photographique «CLINIC» qui a pour ambition d’explorer l’esthétique de l’univers médical à travers la photographie contemporaine :
«En confrontant la photographie médicale et le regard des artistes contemporains, on dispose ensemble des images entièrement déterminées par leur valeur d’usage (diagnostique et communication) et des images pensées en dehors d’une valeur d’usage, c’est-à-dire à l’intérieur d’un processus artistique. D’un côté les images cliniques, opérantes et déterminées dans leur finalité, de l’autre les images « du » clinique, exerçant sur son objet un regard oblique qui traduit de manière souterraine notre sentiment face au destin du corps. Les premières fascinent, amusent ou effrayent, les secondes interrogent, émeuvent ou apaisent.»
Un texte qui peut parfaitement s’appliquer au travail d’Emilie Benoist.
L’exposition est visible jusqu’au 13 octobre à la Galerie Eva Hober rue Saint Claude dans le 3ème arrondissement. L’occasion de découvrir également une magnifique série de dessins qui constitue un autre pan remarquable de son travail. Une artiste de talent dont je suis devenu un inconditionnel.
Une occasion à ne pas manquer !
Olivier Castaing, Consultant artistique, Paris le 30 septembre 2007
21 septembre 2007
Le céramiste Grégoire Scalabre expose au restaurant Nomad's à Paris : élégance du geste et hardiesse des créations !
Depuis de nombreuses années déjà, j’acquière au gré de mes
rencontres des pièces de céramiques, de
Soisson à Cap Town en Afrique du sud, en passant par Gustcha en Serbie, plus
connue pour accueillir le festival de musique serbe et gitane que pour sa céramique,
sans oublier l’île d’Yeu en Vendée ou j’ai fait il y a quelques temps une jolie
découverte.
Les dernières créations de Grégoire sont présentées
jusqu’au 17 octobre au restaurant Nomad’s sur la place du Marché Saint Honoré à
Paris. Un lieu chaleureux, canapés profonds, peaux de vaches et parquets foncés,
dans une atmosphère tamisée qu’accentue des murs aux couleurs chaudes. Un écrin
raffiné et suffisamment sobre pour magnifier le travail du céramiste.
S’approprier ses créations, les faire vivre au gré de vos
envies, susciter le contact c’est ce que propose Grégoire Scalabre. Une
kinesthésique invitation à palper cette matière qui allie la rondeur d’un galet
tantôt couleur bronze, d’une densité profonde et tendre à la fois, tantôt blancheur
clinique avec des variantes de gris, si caractéristiques de la noblesse d’une
porcelaine. Des pièces d’une grande sobriété mais dont la personnalité est
évidente.
Crédits photographiques copyright Fabien Jallot.
12-14 Rue du
Marché Saint-Honoré - 75001 PARIS
Tél: 01.42.60.47.21
17 septembre 2007
Système et Passion - le rêve de Linné de l’ordre de la nature : une Exposition photographique d’Helene Schmitz
Le Centre culturel suédois rend hommage à Carl von Linné, prince de la botanique suédoise et reçoit la photographe Hélène SCHMITZ.
du 14 septembre au 28 octobre 2007
Le Centre culturel suédois inaugure sa saison automnale avec une superbe exposition de photos de l’artiste suédoise Helene SCHMITZ. Elle s’inscrit dans les pas de son compatriote Carl von Linné, naturaliste dont on fête cette année le tri-centenaire de la naissance, savant génial et obstiné qui décide au XVIIIè siècle que «ce n'est pas à partir des parfums et des couleurs, encore moins à partir des analogies avec l'être humain, ou en fonction de leur utilité pour la santé ou le salut de ce dernier qu'il faut classifier les plantes, mais en fonction de la structure de la fleur et plus précisément du nombre, de la disposition et de la proportion des organes de reproduction: l'étamine et le pistil».(extrait de l’Encyclopédie AGORA)
Ce sont justement ces étamines et pistils, qu’Hélène SCHMITZ photographie en très gros plan, magnifiant la complexité du système de reproduction végétal, faisant cohabiter un "harem" de mâles, pistils érectiles, vertigineuses ascensions tubéreuses aux couleurs veloutées et chatoyantes, aux ourlets et volutes coquines, garde à vous mâle en vue d’une florale insémination. Des clichés d’exception présentés sur fond noir (70x90 cm), tel des portraits XXL de stars, sublimes reproductions présentées dans des écrins de bois noir, dont la sobriété n’a d’égal que la perfection des tirages. Une qualité rare et qui reste la marque de fabrique et l’apanage de nombreux photographes scandinaves.
Ces photos sont également présentées sur les grilles du Jardin des plantes.
Une belle découverte et la rencontre d’une photographe dont nous vous reparlerons certainement dans les prochains mois.
Olivier Castaing, Consultant artistique, paris le 17
septembre 2007
Au Café suédois, Ann-Sofie Axelsson expose ses dessins au crayon papier. Plasticienne et commissaire d'expositions, elle se consacre depuis quelques années, à la réalisation de grands formats composant des melting-pots d’objets du quotidien, accumulation noir et blanc, enchevêtrement au trait noir d’un univers aux confins du comte de fée et de la bande dessinée. L'environnement contemporain de l’artiste investit ainsi la thématique au combien classique et traditionnelle de la nature morte.
Le jardin et la petite galerie de la cour du Centre culturel suédois sont transformés par Gunnar Kaj, designer floral (maître es-décoration du dîner annuel du Prix Nobel www.kaj.se), et Tom Hedqvist, designer et directeur de la Beckmans College of Design à Stockholm www.beckmans.se, en installations florales inspirées par le prince de la botanique.
Centre culturel suédois Hôtel de Marle, 11 rue Payenne, 75003 Paris - Tél.01 44 78 80 20
Métro Saint-Paul ou Chemin Vert, bus 69, 76 et 96 - Entrée libre.- Heures d’ouverture des expositions : de 12h à 18h tous les jours (sauf le lundi)
12 septembre 2007
Carte blanche de CAROLYN CARLSON à ROUBAIX pour les journées du Patrimoine 2007
Carolyn Carlson A Roubaix
Depuis quelques années la ville de Roubaix renaît de ses cendres industrielles, et occupe une place singulière dans le paysage urbain du Nord Pas de Calais. Qui n’a pas entendu parler de la PISCINE, lieu emblématique du patrimoine roubaisien, reconversion exceptionnelle de l’ancien stade nautique municipal en Musée d’Art et d’Industrie André Diligent.
Le dynamisme de la ville se traduit également par l’accueil et le soutien apporté aux nombreuses structures chorégraphiques, avec le Centre chorégraphique National mais également de jeunes compagnies de danse.
Oublié la crise du textile, désormais Roubaix occupe dans la métropole Lilloise une place à part, réhabilitant son patrimoine industriel pour créer des lieux dédiés à la création et à la culture en général.
Les journées du Patrimoine sont l’occasion de confirmer cette volonté avec une proposition originale conçue par Carolyn Carlson, Directrice du Centre Chorégraphique National. Depuis 2005, la danseuse et chorégraphe préside aux destinées de cette institution et elle a su séduire par sa programmation l’ensemble de la population.
« Les lieux patrimoniaux sont des espaces chargés d’histoire, une mémoire concrète, façonnée par les hommes, témoins muets et immobiles d’une époque passée. La volonté de
Le public est invité à remonter le cours de l’histoire textile de
Olivier Castaing, Consultant artistique, Paris le 12 septembre 2007
L’artiste Philippe TALLIS s’est associé à deux expositions réalisées à l’initiative de l’association ART ADDICTION.
Vous pouvez découvrir un PORTFOLIO dédié à sa peinture animalière et surtout l’album des toiles peintes en directes lors des rencontres des Jeudis du CCN avec Carolyn Carlson, en janvier 2007.
Journées du Patrimoine l 15 septembre 07
Carte blanche à
Intervention du peintre Philippe TALLIS
22h l Le conditionnement | durée 1h
Improvisation danse, peinture, musique…
peinture Philippe Tallis, chant Emmanuelle Bunel, violon Agathe Max, interprétation Rosalind Crisp, Chinatsu Kosakatani, Céline Maufroid, Sara Orselli, Cristina Santucci, Jacky Berger, Juha Marsalo, Yutaka Nakata, Sylvain Rambert et les danseurs de la Brigade d’Interventions Dansées.
Les danseurs participants de cette folle journée se rassemblent pour une improvisation dansée autour de la figure atypique de Philippe Tallis, peintre du mouvement ayant collaboré avec Maurice Béjart, Sylvie Guillem et le Cirque du Soleil. Les mouvements des danseurs prennent vie sur la toile, au rythme de la voix sensible d’Emmanuelle Bunel portée par le puissant violon d’Agathe Max.
Le programme complet sur le site du CNN
11 septembre 2007
Une éducation algérienne - De la révolution à la décennie noire – un livre de Wassyla TAMZALI
Vient de paraître aux Éditions Gallimard dans la Collection « Témoins »
Visionnez la vidéo avec Wassyla Tamzali , invitée le 7 septembre 2007 de «Dans quel étagère », face à face proposé par Monique ATLAN sur France 2, chaque jour à 8h50 et avant le journal de la nuit.
Wassyla Tamzali a 20 ans en 1962, au moment de l’indépendance de l’Algérie. Elle est issue d’une famille de notables, riches propriétaires de pressoirs commerçant l’huile avec l’étranger. Ses ancêtres paternels viennent de l’empire Ottoman. Sa mère est espagnole. Sa jeunesse ne lui a laissé que des souvenirs de bonheur et de soleil. La guerre, l’indépendance, puis la réforme agraire et la nationalisation des propriétés familiales vont tout changer.
Tout bascule en 1957, le jour où son père est assassiné par une toute jeune recrue du FLN. Le livre s’ouvre sur ce drame et se ferme à l’issue de l’enquête de toute une vie sur le « pourquoi » de ce meurtre. Pour l’auteur, l’assassinat du fils aîné d’une famille qui, bien qu’algérienne, dominait la ville, habitait une ferme coloniale et vivait « à la française » ne pouvait avoir qu’une signification : la revanche des tribus.
La mère de Wassyla décide malgré tout de rester à Alger plutôt que de choisir l’exil : « Mes enfanauront une éducation algérienne ! ».
Wassyla Tamzali s’enthousiasme alors pour la construction de l’Algérie nouvelle, fréquente le petit monde en ébullition de la Cinémathèque d’Alger, participe aux élans de la révolution, avant de céder devant les désillusions du socialisme réel et la répression et de choisir l’exil à Paris, où elle rejoint l’Unesco.
Pendant vingt ans, l’auteur y mène de nombreux combats pour les droits des femmes, dont elle devient une porte-parole estimée.
L’intérêt de ce récit est qu’on y voit, à travers le regard d’une femme à l’ardeur communicative, un pays souffrir de blessures historiques dont on ne sait si elles sont guérissables. L’analyse politique y est en permanence irriguée par un amour profond de ce pays, malgré les drames et les dépossessions subies, à commencer par l’assassinat du père, suivi de l’expropriation des terres familiales et de la défaite progressive des idéaux politiques.
Wassyla Tamzali livre ainsi ce qui ne se veut pas l’histoire de l’Algérie mais son histoire avec l’Algérie.Née en Algérie en 1941,
Wassyla Tamzali a exercé de 1966 à 1977 le métier d’avocat à la cour d’Alger et mené parallèlement des activités journalistiques et culturelles. Rédactrice en chef de Contact, le premier hebdomadaire maghrébin libre (1970-1973), elle est l’auteur d’En attendant Omar Guetlato (1975), un livre sur le cinéma maghrébin en même temps qu’un plaidoyer pour la liberté d’expression, et de Abzim (1986), un ouvrage d’art sur la parure des femmes berbères, hommage à la créativité des femmes de » son pays.
Paris, le 11 septembre 2007
Antoinette FOUQUES
des femmes
et Wassyla Tamzali
seront heureuses de vous recevoir
mercredi 19 septembre 2007 à partir de 18h
pour une signature du livre
Librairie des femmes
35 rue Jacob Paris 6ème
Métro Saint Germain des Prés
10 septembre 2007
Entre VELIB’ et PIELIB’ une histoire de démarche théâtrale !
Oh surprise samedi en rentrant à ma casbah sur mon vélo perso, détail d’importance aujourd’hui à Panam, je découvre une agitation inhabituelle dans ma rue. Une festivité impromptue et même les caméras et micros de l’AFP… je n’ai pas été prévenu par mon attachée de presse … si ce n’est moi émoi … quelle star peut donc bien traîner dans ce coin perdu !
Prendre son pied à Paris, Sébastien, auteur comédien formé à l’école Claude Mathieu , ex de la troupe de théâtre Fracas, lauréate en 2005 du prix «Paris Jeunes Talents», met en scène in situ la première borne PIELIB’ … un canular de potache dépité d’avoir, comme nombre d’entre vous, dû marcher quelques mètres pour dégoter la station VELIB ’ suivante avec vélos dispo ou une place pour garer votre monture après une balade.
Le BUG vélib’ c’est aussi simple que cela …et un excellent coup de pub au passage pour ses activités et sa télé.
Ni une ni deux, il organise pour ce samedi 8 septembre une impro bien ficelée avec tout le matos, pour permettre aux jeunes filles en fleurs de trouver chaussures à leurs pieds, n’est ce pas Carla et pour les boys un chaussant digne d’un marathon … quand t’as pas un aspirateur à Minette genre la dernière Ferrari te reste plus qu’à faire ton mariole bourrer en rentrant à pattes, vu que la maréchaussées fait désormais la chasse au vélibiens amphibiens qui se seraient trop immergés dans la bouteille en boite … gare à vous il vous en coutera la bagatelle de 70 € et 2 points de retrait sur le permis … véridique !
Donc notre performer en gags conçoit un scénario avec force renforts de jolies midinettes et bellâtres pour l’inauguration de la dite station … tu envoies ton SMS pour réserver les escarpins de tes rêves, le code barre reçu en retour te permet de récupérer au bout de 24h la dite paire …
Te voilà vernis pour prendre ton pied et si t’as encore des états d’âme ils ont tout prévu … «Podologues sans frontière» pour les traumas, «association lacets pour tous», c’est cousu de fil rouge et même le pédiluve pour faire barboter vos jolis petons avant d’aller s’ébrouer sur la moquette synthétique avec pâquerettes, histoire de vous compter fleurette.
Excellent initiative et je me suis laissé dire que d’autres auraient quelques farces de la même trempe en réserve …à suivre.
Bon début de semaine et promis demain on reprend les comptes rendus sur la dernière Biennale de Venise.
Olivier Castaing, consultant en mobilité assistée, qui aujourd’hui va marcher à côté de son biclous histoire de se regarder pédaler dans la choucroute, Paris le 12 septembre 2007.
07 septembre 2007
Exposition "Sortie de Match" du Photographe Denis ROUVRE
Nous avions déjà parlé de Denis ROUVRE, à l’occasion du dernier festival de Cannes. Un photographe qui excelle dans l’art du portrait, de ceux qui savent capter l’instant de grâce ou le sujet se livre, joute des regards, instants d’émotions, ou retenue et pudeur, orgueil et vulnérabilité, temps suspendu et fugacité de l’instant, créent une alchimie particulière à même de nous donner à voir la quintessence de l’humain.
C’est ce qui fait la force et l’unicité des portraits de Denis ROUVRE, qui nous offre des gueules escagassées en sortie de terrain, clichés odorants des relents du combat, des joutes musculeuses, de la furieuse énergie des vainqueurs ou des vaincus, paroxystique fête du ballon ovale.
Une excellente façon de voir autrement que devant son petit écran, la fête de l’ovalie.
La Galerie Confluences
Bonne visite.
Infos pratiques
Galerie Confluences
190 bd de Charonne. 75020 Paris – métro Alexandre Dumas
La galerie est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 18h et les soirs de représentation.
Le Site du photographe Denis ROUVRE www.rouvre.com
Ci-dessous, l’interview de Denis ROUVRE donné à l’occasion de cette exposition.
«Instinctivement, j’ai toujours aimé le rugby. Sans jamais vraiment m’en approcher. Ni amateur, ni supporter. Au fond de moi pourtant, j’ai toujours été fasciné par la force brute que dégagent ces hommes. Par leur beauté déconcertante, aux antipodes des canons habituels. De cette attirance est née, en 2004, un premier projet photographique, réalisé pour l’Equipe Magazine, que j’ai appelé « Broken faces ». Une série de portraits très serrés des piliers du XV de France. J’en souhaitais plus. Il me fallait un sésame.
J’ai alors montré mes photos à la Ligue Nationale
En les photographiant tous de la même manière, sans oripeau, sans artifice, sans décor, j’ai traqué la beauté brutale de leurs gueules meurtries. Mon expérience du portrait m’a appris à faire du temps mon allié. Il me permet habituellement de peaufiner les lumières, d’améliorer la mise en scène, de bousculer le modèle, d’exciter sa curiosité. Cette fois, j’ai joué contre le temps. Plus il passait, plus ce que je cherchais disparaissait. Un jour, un joueur, blessé, est arrivé, seul, dans le vestiaire. J’ai voulu le photographier. « Qu’est-ce que tu m’emmerdes ? Je vois des étoiles, là ! », m’a-t-il lancé, au bord de l’évanouissement. Ce sont ces étoiles que j’ai voulu saisir
06 septembre 2007
Luciano Pavarotti : les dieux du stade perdent un des leurs
Pour ceux qui l’ignoreraient encore, Luciano n’est pas le prénom d’une des dernières recrues brésiliennes de l’équipe de rugby qui s’échauffe actuellement à grand renfort de com, mais une des voix du siècle qui vient de s’éteindre, emportée par la maladie. Non , il n’a pas fait un arrêt cardiaque à l’entraînement, non il n’a pas abusé de dopamine et autres substances illicites très prisées par ses camarades de "JE ...", non il n’est pas mort étouffé par une gargantuesque platée de pattes de la Mamma, non … il a simplement tiré sa révérence, emporté par le mal du siècle, qui décime les rangs des jeunes et moins jeunes.
Athlète et performer avant l’heure, adepte des stades qu’il investit dès la coupe du monde de 1990, il avait pris l’habitude de se produire dans des arènes sportives bondées, assourdissant à grand renfort de décibels le public, souvent néophite, venu rendre hommage à l’idole des platines classiques, avec son boys band légendaire, ses comparces placido et josé.
Les voix de leurs maîtres sont impénétrables, mais il n’est pas certain que la musique soit sortie magnifiée de ses joutes en plein air … gageons que cela aura crée des vocations pour la star-ac et qui sait révélé quelques futurs ténors enchanteurs.
Paix à l’âme de Luciano Pavarotti, dont nous garderons l'image d'un homme jovial, profondément humain et généreux, chanteur populaire avant toute chose.
Artishow blue, Paris le 6 septembre 2007
05 septembre 2007
EL ANATSUI à la Biennale de Venise - Magnifique doublet à l'ARSENAL et sur le Palazzo FORTUNY ... à ne pas manquer !
Déjà sélectionné pour représenter l'Afrique en 1990 à la Biennale de Venise, El Anatsui a déjà à son actif une liste impressionnante d’expositions, aux quatres coins du globe, du Brésil aux Etats-Unis, en passant par le Japon.
En France, il figurait dans la sélection officielle de l’exposition «Champ de sculptures» en 1999 et plus récemment on a pu voir son travail à Beaubourg lors de l’exposition «Africa Remix». Il est d’ailleurs présent dans les collections du Centre Pompidou.
Tel un rideau de scène, l’œuvre d’El Anatsui pare la somptueuse facade du Palazzo Fortuny au cœur de la cité des Doges. Impossible de manquer cette œuvre magistrale qui scintille dans cette lumineuse et chaude journée de fin d’été, comme une invitation à pénétrer en coulisse dans la pénombre d’une exposition exceptionnelle « ARTEMPO – Where times become art» dont nous reparlerons dans quelques jours.
El Anatsui est également présent dans la nef de l’ancienne corderie de l’Arsenal, ou deux œuvres tout aussi monumentales interpellent le regard. Tel un mirage de métal, ces tapisseries composées d’un assemblage minutieux de bouchon de bouteille en métal, écrasés, comme autant de vestiges de ces boissons gazeuses et acidulées, scories d’une soif étanchée sous la chaleur écrasante du continent africain, qui constitue pour l’artiste la source d’inspiration première et vitale et la matière première de son oeuvre protéiforme.
Sculpteur de formation, cet artiste sexagénaire, qui enseigne au Ghana son pays d’origine, est surtout connu pour ses œuvres taillées dans le bois, ses formes d’argile, ses assemblage de matériaux recyclés, comme autant de matières magnifiées par les motifs et repeints, prolifération d’œuvres qui glorifient la culture africaine, celle des ancêtres et de la tradition, celle du quotidien qui sait transposer et composer avec un rien.
El Anatsui compose son propre langage formel, pour génèrer une esthétique à la fois minimaliste et féérique, marqué du sceau de la tradition artistique et confinant au spirituel dans ce qu’il transcende l’humain.
Son enthousiasme et son énergie vitale, sont nourris des échanges avec les jeunes générations d’étudiants auxquels il enseigne depuis 1975 à l’Université du Niger dans la ville de Nsukka. Cette force vitale transparait dans le geste qui transcende la matière et devient œuvre d’art, prolongement de la pensée, incarnation de l’esprit.
Une oeuvre qui s’inscrit résolument dans la modernité, alliant tradition du savoir faire dans la lignée des plus grands brodeurs et tapissiers de l’histoire depuis le moyen âge, tradition du recyclage et du détournement si caractéristique de tout le continent indo-africain, aux confins de la tradition, apparenté à l'origami dans la dextérité du geste qui plie et assemble et la modernité du dessin, qui mixte traits et courbes dans le plus pur style matiériste des compositions minimalistes.
Une œuvre hors norme qui vous marque d’un sceau indélébile, symbole de l’universalité des valeurs esthétiques.
Olivier Castaing, Art consultant, en direct de Venise le 27 août 2007
Découvrir le site de l'artiste
02 septembre 2007
La collection Pinault au Palazzo Grassi : du pinacle à la débacle curatoriale !
le «Kiosk » d’Urs Fisher et Franz West
Ca commence comme dans un james bond, arrivez en vaporetto collectivo, faut pas rêver le riva tout acajou c’est pour les invités people. Le bâtiment en impose par sa taille mais son côté trop restauré tranche avec les palais environnants, comme pour signifier qu’ici « faut qu’ ça en jette ! … ».
Côté grand Canal, un tête à tête géant avec l’œuvre de l’artiste indien Subodh Gupta, que nous avions découvert lors de la nuit blanche dans la chapelle Saint-Bernard
Avant de pénétrer dans le saint des saints, tant glorifié par la presse, dans une surenchère exponentielle de louanges digne signe d’allégeance pour toutes les pleines pages de pub achetées par les marques de luxe, fleuron du groupe de Monsieur François, petit détour par le «Kiosk » d’Urs Fisher et Franz West, duo déjà associé à l’exposition d’ouverture, qui récidive avec un une antichambre sur pilotis, couronné d’un monticule blanc, improbable croisement entre un phallus de mammouth et le tarin de Tartarin de Tarascon, doté d’un orifice en forme de cœur, pour le côté glamour in love, avec lustre à pampille et graffiti sur aluminium inside, of course !
Une fois le cordon de balisage franchi, non sans avoir esquissé un sourire en découvrant l’affichage sauvage de Patrick Mimram sur un compteur électrique non loin de là, qui annonce élégamment « pas d’art à l’intérieur ! » forme d’avertissement subliminal ou facétieuse provocation d’un impertinent !?
Deuxième round du james Bond, avec un jeune éphèbe en costume noir, tout droit échappé d’une pub de Dolce Gabbana, qui vous intime l’ordre de passer à la caisse … (ses clones vous marquent à la culotte non stop dans les étages, qui sait s’il vous prenez l’idée de vouloir voler un cliché ou subtiliser quelques détritus labellisés « objet d’art ») et oui le mécénat s’arrête aux intérêt privés de notre ami François … qui vous allège sans vergogne d’un droit d’entrée de 10 euros (à comparer avec les 15 € du pass vous permettant de visiter l’ensemble des pavillons du Giardini et de l’Arsenal dans le cadre de la Biennale), l’appareil photo confisqué sans ménagement, équipé de votre clé de vestiaire + 2 euros, direction l’atrium pour une confrontation avec l’arbre du père Noël qui n’est pas une ordure quoique …
« Jet set lady » œuvre d’Urs Fisher (décidément la collection Pinault capitalise sur cet artiste tant par la représentativité dans la collection que par la visibilité qui leur est donnée) se retrouve enfermée dans le carcan des colonnes, balustres et voûtes de l’édifice semble comme engoncée dans un costume trop étriqué, impression qui subsistera tout au long de cette visite, d’un bâtiment qui peine à s’effacer pour valoriser son contenu. Mais arguons que les curators en ont vu d’autres et que le lieu fait partie d’un cahier des charges sans commune mesure avec l’envergure de la collection.
L’arbre de Noël scintille d’une myriade de cadres renfermant les reliques de cinq longues années d’élucubrations en dessins, dont la trivialité et la juxtaposition peine à donner du sens à l’ensemble … Il y eu mis les photos d’un album de famille ou les boites à archives de quelques camps de détention que cela eu tout de suite une autre gueule … bémol quand même, ce type de conifère a au moins l’avantage de ne pas perdre ses aiguilles, qui eurent risquer de se prendre l’épine dans le tapis de Rudolf Stingel, commande spéciale bien entendue !
Si vous n’êtes pas encore au tapis, n’ayez crainte l’indigence curatoriale va crescendo tout au long de cette visite, dans une juxtaposition des plus hasardeuses, que le pedigree de la dame, annoncé tels les décorations d’un vieux général de l’armée russe, laisse pantois même le moins informé des visiteurs.
Comment peut-on avec une collection de cette importance arriver à un résultat aussi pitoyable, dans un parcours sans queue ni tête, malgré la présence d’œuvres remarquables.
On peut découvrir avec bonheur, une série d’empreintes de l’américain David Hammons, travail réalisé dans les années 70 et caricaturale dénonciation du racisme ambiant de l’époque.
Tout aussi incontournable, la sud africaine Marlène Dumas, dont le trait et les partis pris composent un dyptique magistral. Fidèle à son habitude, empruntant tant à l’histoire de l’art qu’aux faits divers du temps présent, le peintre confronte deux gisants, transposition du célèbre tableau d’Hans Holbein » représentant le Christ mort, et une représentation picturale inspirée du cliché publié en septembre 1986, montrant Michael Jackson les yeux clos, les bras le long du corps, dans son caisson hyperbare, dans la plus pure tradition expressionniste.
Une belle découverte avec le travail de l’italien Roberto Cuoghi, artiste trentenaire, qui réalisé pour l’occasion une série de 9 œuvres. Combinant de multiples techniques il compose une cartographie de « l’axe du mal », tel que définit par Bush, 9 tracés matiéristes qui donnent à voir, révèlent dans un subtil jeu de transparence et d’opacité, les improbables contours de ces nations désignées à la vindicte guerrière. Une approche subtile et un réel talent pour apporter un point de vue distancié du monde de l’art face à une actualité encore brûlante.
Pour le reste, une accumulation d’œuvres décevantes, comme la pseudo installation de Franz West, série de vitrines contenant les maquettes et prototype miniatures de certaines de ses principales créations. Le côté cabinet de curiosité fait davantage penser au corner coquin de quelques vendeuses de sex toys, dépouillant l’œuvre de sa force monumentale seule à même de donner la résonance exacte du travail de ce grand artiste autrichien.
Dans la même veine, les photos de Louise Lawler, accueillie en résidence lors du montage de la première exposition « Where are we going ? » en 2006, fait flop, confondante de banalité, anecdotique point de vue d’une artiste sur le travail de ses contemporains, seul le cliché montrant la sculpture « Him » de Maurizio Cattelan sort quelque peu du lot, montrant un Adolf dans sa boite de transport, inoffensive momie de cire, dépourvue de sa magistrale provocation lorsqu’elle est mise en situation.
On jettera juste un dernier regard dubitatif au badigeonnage jaune fluo commis par Anselm Reyle, qualifié de «clin d’œil à l‘expressionnisme abstrait », juste histoire de vous en foutre plein la vue au risque de vous aveugler dans une chute-performance pour choir 2 étages plus bas à moins que vous ne vous récupériez aux branches du fameux sapin pin pin !
Monsieur François, confier les clés de vos réserves à semblable indigence, relève soit de l’inconscience, ce qui est risqué pour un visionnaire de l’art comme vous …, soit de l’irresponsabilité culturelle, trop peu respectueux de ceux qui s’intéressent à l’art contemporain et veulent soutenir les artistes autrement qu’à coût de millions d’euros flambés en simulacre de mécénat. Vous avez pris le risque d’être par trop déceptif, sentiment unanime partagé par tous ceux que nous avons croisés au cour de notre séjour, le travail curatorial de votre équipe ne pouvant soutenir la comparaison avec la sublime exposition proposée par l’antiquaire belge Axel Vervoordt au Palais Fortuny ou la subtile alchimie d’un Jan Fabre investissant un Palais tout proche.
Olivier Castaing



































































