escalier_025Colette, mais oui pas votre voisine ou l’institutrice du petit Jean Bertrand mais le fameux concept store de  la rue Saint Honoré à Paris qui fêtait il y a peu ses 10 ans d’existence. Temple de la branchitude, ses vitrines sont censées représenter le hype de  la tendance.

Dernièrement s’exhibait au ras du trottoir, niveau déjections canines, de jolis joujoux en forme de toutous, se reniflant le trouffion, pour plus de véracité bien sur … Pas loin des petits camions, la panoplie complète … et bien sûr la voiture de pompier avec sa grande échelle … de quoi vous faire grimper au barreaux, genre madeleine de Proust pour le grand enfant qui sommeille en chacun de nous.

On imagine volontiers Karen M. que je voyais le jour même descendant de sa voiture avec chauffeur pour s’engouffrer dans le dit temple de la conso branchée, jeter dans son Kelly le petit ouvrage ayant les honneurs de cette mise en vitrine. Commis par Martine Camillieri devenue la grande prêtresse parisienne de la récupération intelligente, je ne pouvais qu’applaudir de mes 2 sabots scholl, n’ayant aucune raison de me montrer cabot. Mais soudain, pris d’un relent de culpabilité je me dis que cela me paraissait vraiment écologiquement peu correct ou pour reprendre le slogan de la campagne « agir pour l’environnement »  un vaste encouragement « au développement durable de la pollution ! … ».

escalier_018Certes les enfants de cette chère Karen, top tip top ont certainement une nounou très exotique à qui ce genre de manuel rappellera de bons souvenirs de jeunesse, quand elle se fabriquait elle-même ses jouets avec ses petits camarades de jeux, mais faudrait quand même rappeler au responsable retail et merchandising de Colette que : « Le plastique est une matière stable qui se décompose très lentement (450 ans environ). Bouteilles d’eau, sacs de caisse, films plastiques… feront partie du paysage mondial pendant des centaines d’années - un legs aux générations futures ô combien symptomatique - si rien n’est fait. La prolifération des déchets plastiques tue ou blesse de nombreux oiseaux, tortues et mammifères : la moitié des tortues marines échouées sur les côtes françaises meurent après ingestion de matières plastiques confondues avec de  la nourriture."

Pas de quoi faire les affaires des grands du luxe qui voudront caparaçonner quelques coffrets à bijoux en écaille.

On aimerait bien que ce genre de lieu qui crée la tendance devienne un peu plus « écologiquement correct » au lieu de nous entraîner dans des rêveries de caniveaux juste pour faire trash !

Bonne semaine quand même

Artishow Blue, Paris, le 1er octobre 2007

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