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NON !

Je pense qu'actuellement tout artiste qui n'est pas touché, motivé par ce qui se passe dans le monde - la tragédie de Birmanie, du Darfour, de la Palestine, de l'Irak, les horreurs des naufragés de l'immigration venant des pays où l'on a faim, la planète qui se réchauffe rapidement - est protégé par une peau très épaisse d'égocentrisme. Peut-être est-ce la solution?

Il faut en effet avoir cette peau-là  pour faire au même moment à la Biennale de Venise une exposition sur la rupture ... rupture sentimentale qui devrait plutôt prendre place dans la rubrique consacrée au courrier du coeur d’une  presse féminine. Ce mot « rupture»  décidemment bien galvaudé puisque utilisé pour la campagne d’un homme politique égocentrique lui aussi et qui est la continuité d’un certain passé…

Peau égocentrique aussi pour le planteur de ce pot de fleur trônant depuis des années devant un des grands musées d'art contemporain ? Sans oublier un autre pot de fleur en forme de petit chien présent dans toutes les grandes collections d'art ? A moins que ces pots de fleur là soient des urnes destinées aux cendres des morts martyrs à venir ?

Il faut avoir cette peau-là pour récemment ne pas pleurer, crier devant l'image des visages d'enfants de ces  bonzes défilant souriant vers la répression violente qui va sévir...et assister au vide et au silence revenir dans les rues après la répression brutale et sanglante filmée en cachette dans un pays enfermé par la dictature ?

Où sont les manifestants qui défilaient non armés, dignement ?

Allons nous aussi rester silencieux ?

Faut-il revenir dans cette peau épaisse, nombriliste et s'y cacher comme dans un édredon ?

Se masturber dans un art égocentrique ?

Où y a-t-il espoir d'une autre peau qui nous relierait, nous artistes, dans un même cri NON !

Nicola L.

New York, October 2007