29 octobre 2007
Exposition "Small Talk" de Konstantin GRCIC au Musée des Arts Décoratifs de Paris
Konstantin Grcic, un designer au nom imprononçable pour les français qui mériterait un « design audio » ou un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir … nous avons opté pour « gris chic » pour simplifier avec ma cops Edith avec qui nous visitions l’exposition ce samedi.
Rendu sous les toits, vu plongeante et panoramique sur le jardin des Tuileries à couper le souffle, le spot vaut à lui seul le détour, surtout quand les arbres et frondaisons se parent de leurs manteaux pourpres automnales.
Sobre et minimaliste, la scénographie propose une joute silencieuse entre créations du passé extraites par le designer du fonds du Musée et quelques unes de ces créations d’objets et mobiliers, un numéro de duettiste surmonté de bandeaux lumineux en forme de bulle de bande dessinées au design épuré … une invitation narrative confiée à Pierre DOZE, qui librement et avec fantaisie, convie le regardeur à partir à la découverte d’un univers ludique et graphique, poétique et métaphorique, historique et sociologique, une contextualisation précieuse et multiple à la fois, qui ponctue le silence de mots marquant un arrêt pour une confrontation encore plus « parlante ».
On ne boude pas son plaisir et l’on glane au passage des interjections malicieuses qui confronte avec humour et bonheur ces deux univers.
Aujourd’hui enseignant à l’Ecole supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg (Esad), Pierre DOZE a été journaliste collaborant avec le magazine INTRAMUROS, mais également de nombreux éditeurs comme Taschen ou Phaedon, et en particulier sur l’ouvrage consacré à Grcic, ce qui explique sa familiarité avec l’univers du créateur, ses collaborations avec des designers comme Philippe Starck , Patrick Jouin ou Christophe Pillet lui ayant permis de s’immerger avec délectation dans le travail de ses contemporains designers.
Quant à la vedette toujours modeste de cette exposition, c’est une nouvelle occasion pour nous d’apprécier le talent de celui qui est sans conteste le plus grand designer allemand d’aujourd’hui, l’un des plus prolifiques et un de ceux qui assurent avec brio la relève. Il collectionne les récompenses comme personne, remportant le très prestigieux Compasso d’Oro de la Triennale de Milan en 2001.
En 2004, il réalisait la scénographie de l’exposition « Design en stock » pour le Fonds National d’Art Contemporain, parcours au cœur de la création, comme une échappée sur les pontons d’un stock géant installée dans le Palais de la Porte Dorée, une présentation kinesthésique et magistrale pour une immersion remarquable dans les archives de la création contemporaine et du design. L’exposition « Design contre design » actuellement présentée au Grand Palais paraît bien insipide en regard de cette fameuse exposition de 2004.
En 2005, une première monographie KGID Konstantin Grcic Industrial Design est éditée chez Phaidon avec des photos réalisées par notre ami Florian Boëhm, complice et ami de toujours de Konstantin, une mise en images qui nous invite à entrer dans les coulisses du designer, à partager les délires et brain storming de son équipe, un univers protéiformes d’où émerge depuis plus de 15 ans déjà des meubles et objets intemporels et familiers, intégrant continuellement les découvertes technologiques et les matériaux les plus innovants.
Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous dévoiler un extrait d’un des textes de Pierre DOZE … illustrant la confrontation d’une Chaise d’enfant et du tabouret Miura de Grcic.
… A deviner.
Ce que je sais
Pattes écartées, stabilité,
Un bois de noyer, plutôt dur, volontiers sombre
Pour des détails bien dessinés
Et une carrière de longue durée
Tu vois ce barreau inférieur ?
Le nombre de petits pieds qui l’ont usé ?
Les cicatrices, sur tous mes membres
Sont autant de marques intimes
Le premier paiement du futur homme,
Retour d’ascenseur, logique, puisque je l’élève.
A hauteur de bar,
Celui que je monte
Y descendra pourtant
Des liquides plutôt
Mais cet élan, la diagonale,
L’assise en porte-à-faux
Si bien établie
Sur des pieds en compas
Ne sont pas seulement incitations
A l’excès immodéré de toutes les boissons
Pas de dossier, pas d’accotoirs,
C’est un outil, l’évocation
D’un équilibre aigu,
Pour que l’humain y soit
Tendu, comme un dessin.
Small Talk de Konstantin Grcic, dialogue avec le musée des Arts décoratifs
Galerie d'actualité, 107, rue de Rivoli, 75001.
A lire sur le sujet l’excellent article d’Anne Marie Fèvre consacré à l’exposition et paru dans Libération du 26 octobre.
En 2007, Konstantin Grcic est consacré par le Salon Architektur&Wohnen à Cologne qui en fait son « designer de l’année » et il est élu simultanément par le salon Maison&Objet « Créateur Now ! design à vivre en 2007 » à Paris.
24 octobre 2007
Exposition de sculptures au jardin des Tuileries à l'occasion de la FIAC 2007
Le jardin des tuileries accueillait pendant la semaine de la FIAC des sculptures semi-monumentales, exposition de plein air et trait-d'union entre le site de la cour carrée du Louvre et le Grand Palais.
Vous voilà rassurés si à la vue de ces quelques photos souvenir, vous vous prêtiez soudain à imaginer cendrillon égarant sa pantoufle tout inox, en symphonie majeure ménagère accro aux fourneaux. Voilà l’escarpin trônant au beau milieu d'une des pelouses du jardin, la belle voulant très certainement regagner son carrosse à la lueur d'une chandelle ... effrayée à la vue d’un «mac en pisse», ludique version revisitée en un pluviomètre très style droog design, assemblage improbable d’un entonnoir, surmontant une bouteille de coca le tout posé sur un tronc mi animal mi humain, qui donnerait à boire à un bel agneau esseulé … une fable contemporaine digne de la star ac … fontaine fontaine je ne boirai pas de ton oh … hélas pour cendrillon foin de citrouille mais une vieille camionnette échouée au beau milieu d'un des bassins circulaires, poétique métaphore dû à Claude Lévèque, qui une fois n’est pas coutume laisse tomber les néons pour une touche plus glamour.
Sans parler des bottes de sept lieux qui réjouissent le touriste venu en ces lieux ce dépayser un peu, sans oublier le pan de toiture tel un aileron démembré après quelque séisme post 11 septembre, le nez de l’avion trônant plus loin, nouvelle incarnation dû au talent de l’artiste indien Subodh Gupta et les morceaux de carcasse portant hiéroglyphes, ici en chinois, plus loin en arabe, pour le plus grand étonnement de deux touristes enturbannés et siglés qui tentent de déchiffrer le texte avec force contorsions !
Un parcours ludique pour une édition 2007 de la FIAC somme toute assez conventionnelle et pas vraiment de découvertes de nouveaux talents. On peut regretter que les nouveaux riches – nouveaux collectionneurs donnent un peu trop le la d’une approche format XXL qui privilégie le décoratif au détriment du sens et de l’esthétique.
Olivier Castaing, Art Consultant, Paris le 22 octobre 2007
Voir le PORTFOLIO spécial sculptures FIAC 2007
23 octobre 2007
Jean Luc RABANEL : un chef étoilé et 17/20 au Gault & Millau, des honneurs mérités pour le cuisinier de l'année !
L’atelier de Jean Luc Rabanel : haute gastronomie et grand art en Arles
à l’occasion des Rencontres de la photographie … en juillet dernier, nous avions découvert un restaurant d’exception à qui le Gault et Millau vient de décerner 3 toques et un 17/20 … félicitations cher Jean Luc … même si je suis certain que la vraie reconnaissance sera toujours celle de vos convives.
Il est un mousquetaire de la cuisine, un gascon, qui vous donne l’estocade avec générosité et délice, extase des papilles en ces sublimes Alpilles, tel le gardon l’on frétille, c’est aussi ludique que maléfique car au final l’on en redemande, un divin supplice pour assouvir tous nos caprices de bouche, s’enivrer de subtiles alchimies dont lui seul à le secret, Rabanel en ritournelle, installé dans la venelle ou immergé dans le décor design de ce laborantin de génie, qui vous traite en ami, c’est servi, la parade peut commencer !
Il a la mine concentré, un rien renfrogné (en apparences seulement !) pour mieux se surpasser, de son poste d’observation, vigie à la frontière, il est partout en cuisines et en salle, de son regard il embrasse tous ses convives, 32 à l’idéal pour que se déroule avec passion, surprise et tout en crescendo la partition chromatique, le festivus festivus des fourneaux va commencer !
Tel les plus grands des Maestro il donne le tempo, orchestre avec modestie et brio, franchi la ligne pour sublimer la papille, ça fond c’est rond, onctueux et voluptueux, croquant et croustillant, émulsionné mais toujours enlevé, dans un ballet ininterrompu, les saveurs s’enchaînent dans un festival de senteurs herbacées, harmoniques et telluriques à la fois.
Saveurs estivales dans une explosion florale et germinale, légumes de saison gorgés de soleil ou sucs à maturation pour racines hivernales, il réhabilite les mal aimés de nos cantines, avachis, affadis, trop cuits voir sur bouillis jadis en nos enfances, il leur rend leurs quartiers de noblesses, les camoufle d’une tempura pour mieux tromper l’ennemi, en fagot ou raviole, chamallow ou tuilot, à la paille ou avec les doigts … ici tout est permis voir suggéré avec subtilité … se pourlécher les babines, s’enivrer des fumets, se laisser aller et les yeux clos gambader dans le verger du maître …
Il jongle tel un saltimbanque des fourneaux, DJ au commande de ses spots incandescents pour une touche finale al dente ou à température … rien n’est sur joué, tout est juste et authentique, cadencé mais sans précipitation, l’orchestre se met en branle à la batterie (de cuisine) timbales et verrines pour un opéra gastronomique … il est un grand parmi les grands !
Il y avait le prêt à porter, la couture et la haute couture, voici venue le temps de la haute gastronomie … à plumes ou poils, à écailles ou en coques, tubéreuses ou herbeuses, rondes et girondes, les tomates se dévêtissent à l’envie, s’offrent généreuses et pulpeuses, se liquéfient de plaisir en gaspacho pour macho, ou chamallow pour régression adulescente, fricassée matelassée dans un sablé cacahuète, caftan parmesan et vichy tomaté, du no nem au no yaourt, abyssales saveurs de la mer en mæstria fusion food ou virginale corolle lactée … la blette joue les coquettes en mouillette, crâneuse vaporeuse pour agrémenter le yaourt au poivron, sublimé d’un zeste de gingembre … sans parler des patates qui épatent en purée émulsionnée, sésame pour ces dames et huile pour enrober qui la saint jacques qui le saumon, mâle ou femelle, tous à la gamelle !
Disert sur les desserts, tel la fraise en corolle, enturbannée d’un beignet léger, guenilles de fenouil et tomates pour fouetter la fraise d’un soupçon de passion, baiser velouté pour mise en bouche des plus farouches … pour dérider les plus blasés et rafraîchir l’atmosphère, un ballet de desserts glacés, coco sans chanel mais en fine lamelle et sur lit de douce patate, qui se dévoile en dessous crapuleux, ou caramel en fleur de sel, from Maldon of course.
Cher Jean Luc vous nous avez régalé, nous étions 7 venus de Milan, Londres ou Paris, vous nous avez reçu avec tous les égards et attentions que seuls le meilleur des hôtes peut avoir pour ses convives, nous avons dit banco, rejoués pour un déjeuner ou pintade et tellines ont finis de nous achever … nous rendons les armes, souscrivons pour un supplice à perpétuité, voici venu l'automne, l'occasion de découvrir un autre versant de vos talents !
Les mots sont vains pour décrire le divin, âmes damnées nous sommes pour l’éternité, si le diable des fourneaux devait se réincarner, c’est chose faite, gastronomique et maléfique fils de gascogne.
Vive la gascogne, vive le Béarn !
Olivier Castaing, Consultant artistique et amateur gastronomique à ses heures
L’atelier 7 rue des Carmes - 13200 ARLES
Tél.04 90 91 07 69 jlr@cuisinetc.com
Découvrez le site et le BLOG de Jean Luc RABANEL
Liste de quelques supplices du moment ! …
Sablé cacahuète / Parmesan / Bulles de Tomate - Glace amande -Tempura de jeunes carottes / 2 sauces Thaïe - No Nem de Dorade Royale / Haricot vert kilomètre & Combawa - Chamallow de Tomates à la tomate confite/ Gaspacho de Tomates /Pain cressin tomate - Fleur de courgettes Soufflées de Légumes Croquants / Abricots et Pignons de Pins / Coques de Beauduc - “Yaourt” Végétal de Poivrons jaunes & Gingembre / une mouillette de Feuille de Blette Pourpre - Raviole Tomate à la tomate / Bouillon d’Oignons doux & herbes sauvages - Artichaut Bouquet “Barigoule” citronnelle / Fouetté de Roquette - Emulsion de pommes de terre, Huile de sésame grillé / Minute de Saumon sauvage & Citron / Moutarde Feuille - Tapaniaké de thon rouge de petit pêche / Pousses & germes de légumes & Plantes, Ecume de Graines Sauvages - Pintade en croûte de sel brut, Romarin / Laurier / Pommes Grenailles & Cebettes à la Réglisse - Ossau Iraty vieille réserve, Confiture d’Agrumes - Patate douce & Coco (brut de brut) - Coulant Guanaja / Poivre de Séchuan / Vinaigrette Kumquat / Croquant au Grué de Cacao - Lait Glacé Anis vert / Basilic /Thym Citron / Tuile au Romarin Beignet de Fraise, Soupe de Passions fraîches / Fenouil & Tomate confits / Fouetté de Fraises - Caramel Glacé & Fleurs de Sel de Maldon
15 octobre 2007
Exposition photos « Des Pierres et des hommes » au cœur du Vaucluse dans la Cité médiévale de Vaison la Romaine
Si d’aventure vous avez l’occasion de descendre dans le sud est de la France pou un prochain week end, faites un détour par Vaison La Romaine. Une fois rendu, gagnez la citadelle qui domine la ville.
Une exposition de photos intitulée « Des Pierres et des Hommes » - Histoires mur-murées – est présentée en extérieur jusqu’à la fin du mois.
Une initiative originale et pleine de charme qui permet d’aller à la rencontre des figures locales, personnages hauts en couleur et gens du cru qui ont pris la pose, seuls ou en groupe. Parfois ce sont des clichés anciens directement extraits d’un vieille album de souvenirs pour faire revivre le temps d’une expo ceux qui ont vécus entre ces murs.
Fantômes de papier et citadins d’aujourd’hui se côtoient qui dans une niche, tel autre dans l’embrasure d’une porte, tandis que monsieur le curé veille au grain d’un air malicieux à l’entrée de la ruelle qui descend vers l‘église cathédrale. Plus loin c‘est le « filou » qui brandit fièrement son litron de rouge, conviant les passants à céder à de bachiques penchants. …
Une invitation originale et l’occasion de faire des rencontres singulières au détour des fameuses ruelles en calades, le décor naturel et la superbe architecture médiévale servant de cadre à la petite histoire légendée d’anecdotes et autres sympathiques commentaires.
Découvrez le PORTFOLIO de cette visite en images
Jusqu’au 31 octobre 2007
Exposition « Des Pierres et des hommes » Cité médiévale de Vaison la Romaine
12 octobre 2007
le "NON" de Nicola L. : "se masturber dans un art égocentrique ? "
NON !
Je pense qu'actuellement tout artiste qui n'est pas touché, motivé par ce qui se passe dans le monde - la tragédie de Birmanie, du Darfour, de la Palestine, de l'Irak, les horreurs des naufragés de l'immigration venant des pays où l'on a faim, la planète qui se réchauffe rapidement - est protégé par une peau très épaisse d'égocentrisme. Peut-être est-ce la solution?
Il faut en effet avoir cette peau-là pour faire au même moment à la Biennale de Venise une exposition sur la rupture ... rupture sentimentale qui devrait plutôt prendre place dans la rubrique consacrée au courrier du coeur d’une presse féminine. Ce mot « rupture» décidemment bien galvaudé puisque utilisé pour la campagne d’un homme politique égocentrique lui aussi et qui est la continuité d’un certain passé…
Peau égocentrique aussi pour le planteur de ce pot de fleur trônant depuis des années devant un des grands musées d'art contemporain ? Sans oublier un autre pot de fleur en forme de petit chien présent dans toutes les grandes collections d'art ? A moins que ces pots de fleur là soient des urnes destinées aux cendres des morts martyrs à venir ?
Il faut avoir cette peau-là pour récemment ne pas pleurer, crier devant l'image des visages d'enfants de ces bonzes défilant souriant vers la répression violente qui va sévir...et assister au vide et au silence revenir dans les rues après la répression brutale et sanglante filmée en cachette dans un pays enfermé par la dictature ?
Où sont les manifestants qui défilaient non armés, dignement ?
Allons nous aussi rester silencieux ?
Faut-il revenir dans cette peau épaisse, nombriliste et s'y cacher comme dans un édredon ?
Se masturber dans un art égocentrique ?
Où y a-t-il espoir d'une autre peau qui nous relierait, nous artistes, dans un même cri NON !
Nicola L.
New York, October 2007
10 octobre 2007
Exposition ANTIDOTE 3ème édition à la Galerie des Galeries (Lafayette)
La valeur n’attend pas le nombre des années et certains savent mieux que d’autres saisir des opportunités. Quand on est issu d’une famille de collectionneurs, et qu’avec la complicité de sa grand-mère on peut être un mécène actif et impliqué dans la défense de l’Art contemporain en France, il serait dommage de ne pas se donner les moyens de ses ambitions.
Patman 2, Michel BLAZY - 2006 - Bois, pâtes de soja, colorant alimentaire - 260x150x160 cm – Col. Ginette Moulin/Guillaume Houzé, Paris – Courtesy Art concept
Guillaume Houzé, dernier de la lignée de la famille Bader-Moulin , fondatrice des Galeries Lafayette, un des grands magasins emblématique de Paris, et qui en est toujours propriétaire, ce qui relève presque d’une gageure au XXIème siècle, a été à l’initiative de la Galerie des Galeries. Ouverte il y a 3 ans déjà au 1er étage du Boulevard Hausmann, cette galerie de 300 m2 est enchâssée au milieu des corners des créateurs de mode, devenus en quelques années les principaux commanditaires des plus grands artistes internationaux, de Pinault Printemps à LVMH en passant par Prada, Armani ou Dolce Gabbana pour ne citer qu’eux.
Rock, Tatiana TROUVE – 2006 – Nouvelles du monde renversé - Col. Ginette Moulin/Guillaume Houzé
Guillaume Houzé a eu du flair, puisque Pierre Ardouvin et Tatiana Trouvé, sont deux des artistes majeurs de sa collection pré-sélectionnés pour participer au Prix Marcel Duchamp, crû 2007 dont le prix sera décerné lors de la prochaine FIAC.
Mais ici, pas de strass ou d’excès, pas de surenchère mégalomaniaque pour plaire à telle clientèle de nouveaux riches, juste le bon tempo, avec un rendez-vous annuel pour présenter quelques unes des acquisitions d’artistes français, même s’ils ne sont pas les seuls à intéresser ce jeune collectionneur avisé. Un vrai rôle de mécène puisqu’il s’agit d’accompagner de jeunes artistes, soutenir les Galeries qui les défendent en apportant un soutien financier par des achats ou en soutenant la production des œuvres. On est loin des objectifs de spéculation de certaines collections, et on espère que cet enthousiasme ne s’émoussera pas avec le succès remporter par les « valeurs montantes » de la collection.
Laocoon, Etienne BOSSUT - 2005 – Résine, gel-coat translucide - Col. Ginette Moulin/Guillaume Houzé, Paris – Courtesy Galerie chez Valentin
Pierre ARDOUVIN – L’île, 2007 – Bois, linoleum, porte-manteau, vêtements, néons colorés - Collection Guillaume Houzé/Ginette Moulin – Courtsey Galerie chez Valentin
Nouvelle venue dans la collection, Marlène Mocquet dont le travail a été exposé en juin dernier parmi les félicités 2006 de l’Ecole des Beaux Arts de Paris.
Enfin, Mathieu Mercier qui sera à l’honneur au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ce mois ci avec une exposition personnelle.
Par delà des choix, c’est l’engagement dans la durée qui prend tout son sens, s’intéresser à un artiste et suivre son parcours, l’encourager par des achats mais au-delà lui donner de la visibilité à Paris et ailleurs dans le monde. Gageons que ce sera la prochaine étape de la stratégie de la Galerie des Galeries, porte drapeau de la création française à l’étranger … on ne sera pas de trop pour redorer le blason !
Olivier Castaing, Art consultant, Paris le 9 octobre 2007
« ANTIDOTE » à la Galerie des Galeries, 1er étage du magasin principal des Galeries Lafayette. Accès libre du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 (jusqu’à 21h le jeudi).
Jusqu’au 3 novembre 2007, la troisième édition d’Antidote présente,
à la galerie des Galeries Lafayette, les oeuvres de dix artistes français : Pierre Ardouvin, Eric Baudart, Michel Blazy, Etienne Bossut, Didier Marcel, Mathieu Mercier, Marlène Mocquet, Laurent Montaron, Sylvain Rousseau et Tatiana Trouvé.
Marlène MOCQUET - La ville à l’envers, 2006 – Technique mixte sur toile 233×155 cm - Collection Guillaume Houzé/Ginette Moulin – Courtesy Galerie Alain Gutharc
Le groupe Galeries Lafayette, sera également présent dès la semaine prochaine au Grand Palais à l’occasion de la FIAC, où il exposera une oeuvre co-produite avec le Fonds régional d’art contemporain d’Ile de France, tandis que les
Galeries Lafayette proposent actuellement dans les magasins de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Limoges, Marseille, Nantes, Paris, Strasbourg et également celui de Berlin, l’opération « L’art, c’est renversant » avec une sélection d’oeuvres provenant des collections des Fonds régionaux d’art contemporain.
Sylvain ROUSSEAU – House of the rising sun, 2007 – Technique mixte 400×300 cm - Collection Guillaume Houzé/Ginette Moulin
09 octobre 2007
Baptiste de Ville d'Avray : un jeune photographe à découvrir dans le cadre des 2èmes Rencontres Photographiques du Xème
"L’envers du décor" titre donné par Baptiste Ville d’Avray à
sa série photographique évoque la dialectique de ce que l’on voit et de ce qui
est suggéré, du visible par rapport à l’invisible, du non dit par opposition au
propos photographique. Implicitement il nous convie à aller au-delà des
apparences, ce décor étant théâtre de
vie, chaque détail s’agrégeant au script pour reprendre l’image du cinéma, plan
coupé, zoom sur un lieu, une scène, un objet qui captés par l’œil du
photographe deviennent plus réel que le vivant.
Ces Rencontres Photographiques du Xème qui débuteront dès le 16 octobre, et se
poursuivront jusqu’à la fin du mois de novembre dans plus d’une cinquantaine de
lieux, publics et privés, lieux de vie de l’arrondissement mais aussi lieux
dédiés à l’art avec des programmations spécifiques dans les Galeries. A
l’initiative de ce projet, la Bibliothèque du château d’eau, un nom prédestinée
puisque c’est aussi celui de la très fameuse Galerie de photos toulousaine,
haut lieu de découverte du travail de Jean Dieuzaide et de tant d’autres.
Olivier Castaing, Art Consultant, Paris le 8 octobre 2007
08 octobre 2007
Design contre design...actuellement au Grand Palais : à lire entre les lignes au risque de rejoindre les frustrés de tout bord !
Pour évoquer cette exposition je vous propose de faire un rapide survol de ce qu'en dit la presse.
Mais avant toute chose, je vous conseille d’acheter le catalogue très bien fait, qui présente une sélection beaucoup plus riche et pertinente que l’exposition elle-même, avec des raccourcis et choix parfois contestables de ce qui relève un peu trop des arts décoratifs et pas assez du design. Mais le propos est ailleurs ...
«Cette exposition hors normes constitue un événement majeur dans le domaine du design et un moment rare et précieux pour la connaissance et la compréhension de cette discipline contemporaine» dixit le site www.pidf.com, site officiel du tourisme Paris Ïle de France. Inutile de le mettre dans vos favoris, vous l’aurez compris !
A lire ce qu’écrit ce dithyrambique laudateur digne des plus comiques moments de l’ère politico Delanoe-sarkozienne, on en redemande et on serait prêt à faire la queue juste pour ne pas manquer ce festivus contre festivus de la mauvaise foie ou de l’indigence critique !
« Design contre design », un régal inapproprié, titre Connaissance des arts. Il poursuit «L’accrochage de l’exposition, signé Hubert Le Gall, est proprement époustouflant, jouant des ombres et des lumières, des ambiances intimistes ou démonstratives.» Ah bon, pas sur que nous soyons d’accord Monsieur Guy BOYER sur ce compliment : est ce judicieux de demander à un grand des arts décoratifs français, qui excelle dans certaine scénographie comme celle qu’il proposait dernièrement au Musée du Luxembourg à Paris pour la magistrale exposition Lalique de mettre en scène le design !?
Les arts décoratifs oui, le design ça n’est pas son rayon donc arrêtons le copinage à la franchouillarde au risque de lasser. Un Mathieu Lehanneur à qui l’on doit la pertinente et innovante scénographie de l’exposition «Tomorrow Now, When Design Meet Science Fiction au Mudam de Luxembourg» aurait proposé une mise en scène ludique, inspirée et secoué le cocotier des classiques éculés et autres vitrines avec lierre en plastoque barbouillé pour faire genre ! A croire que le budget était indigent pour en arriver là.
Dans connaissance des arts toujours, il poursuit : «De très beaux objets. Quelques grandes idées, parfois simplistes, sur les arts décoratifs et non pas sur le design» … et plus loin «Alors, le Grand Palais est-il le lieu idéal pour cette présentation hédoniste ? Sans doute pas. On l’aurait préférée sous la verrière du Grand Palais …» tout est dit ou presque, la géographie inhospitalière du site ne donne ni la mesure du sujet ni une géographie propre à créer du sens.
Le vrai danger et d’en rester à une impression première, du style «on se croirait au rayon d’un conforama ou dans un Musée de profonde province dans une accumulation indigeste de meubles sortis des réserves prendre l’air». Le propos est ailleurs et il faut-être capable de s'abstraire de l'environnement ingrat et inapproprié du Grand Palais pour revenir à la genèse du projet qui sous tend l'exposition et qu'illustre véritablement le catalogue.
Je vous épargnerai la reprise du gratuit Metro qui sent le copié collé du communiqué de presse, mais bon c’est com dab donc on est pas la pour leur demander d’avoir un peu d’esprit critique, à croire dailleurs que la floraison de ces journaux gratuits annoncé la vague de fond actuel de l’info qui s’autocensure en continu pour éviter de déplaire à sa majesté.
Dans Libération, Anne Marie Fèvre évoquant le catalogue de l'expo écrit «Le catalogue Design contre design, deux siècles de création (1), pavé de 372 pages, ... enrichit cette confrontation des formes avec des pièces qui n'ont pas pu être présentées au Grand Palais, mais surtout démultiplie le contexte du design avec une série de textes, qui créent de profondes filiations avec l'art contemporain, le cinéma, la politique, la bande dessinée ou le dessin humoristique» .
Comme souvent elle est une des seules qui fait montre d'une vraie vision et d'une sensibilité réelle, décortiquant les
propos de Gaillemain, maître de conférence à Paris IV-Sorbonne et commissaire de cette exposition. Un regard d’universitaire qui permet d’appréhender la forme autrement
Son article est pertinent sans impertinence, et mérite que vous vous y arrêtiez avant de parcourir l’exposition si vous êtes toujours motivés.
Bonne semaine
Olivier Castaing, Art consultant, Paris le 8 octobre 2007
Au GRAND PALAIS jusqu'au 7 janvier 2007
Confrontation entre le chiffonnier en galuchat d'André Groult crée dans les années 20 et le "Pod of drawers" de Marc Newson de 1987.
05 octobre 2007
Le spectacle aveugle de la photographe suédoise Susanna HESSELBERG
Susanna Hesselberg, représentée par la SCHOOL GALLERY PARIS, est une jeune photographe suédoise rencontrée il y a quelques années déjà à la Cité internationale des arts, lors d'une résidence, figure parmi les artistes dont je suis un inconditionnel. Elle vient de m'envoyer sa dernière photo pour mon plus grand bonheur. Elle est exceptionnelle.
Telle la Madeleine de Proust, suffisamment rare pour mériter d'être apprécier à sa juste valeur, à la fois précieuse et envoûtante, subtile alchimie entre atmosphère et étrangeté, visible et invisible, présence et absence, simultanéité et fugacité, toujours insaisissable et quasi indéfinissable, tant ses mises en scène maturées et minutieusement composées, jamais retouchées au photoshop mais simplement shootées et développées ... révélent toute la magie de cette grande photographe suédoise, que j'aurai le plaisir d'exposer à nouveau en 2008.
Rendez-vous est donc pris, mais attendant gouttez à ces images d'exception dans son PORTFOLIO et découvrez une interview de l'artiste.
Bon week end,
Olivier Castaing, art consultant, Paris le 5 octobre 2007
Je vous invite également à relire le magnifique texte écrit par François Bernard sur le travail de cette photographe.
"La frontalité du cadrage retient d'abord l'attention; tout semble simple ! Mais l'évidence se brouille et si les corps manipulés des photos de Sussana Hesselberg se donnent à voir, ils se cachent d'autant, derrière la première apparence.
Travesti, amputé, l'être joue l'enfouissement, la disparition, le recouvrement, le flottement. L'artiste démiurge réinvente une espèce humaine affranchie des lois physiques les plus élémentaires.
Pourtant qui conquiert l'autre ? Est ce le corps qui se cache dans l'espace, est ce l'espace qui, imperceptiblement, dévore ce corps avec une cruauté silencieuse ? Il n'y a pas de réponse. Le doute s'installe, lieu de malaise qui déséquilibre cette frontalité première de l'œuvre, par trop évidente.
Le travail de Sussana Hesselberg ne fixe pas le réel ni ne saisit l'instant. A l'opposé du constat, les photos créent un réel même, celui de la limite autant que de l'au-delà. Par une mise en scène minutieuse dans laquelle le corps est exhibé ou contraint, elle tisse un décor qui deviendra, une fois le cliché réalisé, la toile où l'œil se piègera à refuser de comprendre ce qui n'est pourtant qu'évidence.
Pour ces raisons, les photographies de Sussana sont rares. Rares car loin du monde qui joue la multiplicité et la surabondance, elle élabore son œuvre avec lenteur. Elle produit peu, offrant à chaque pièce un temps d'élaboration plus proche de la littérature que de la photographie. Rare enfin car son univers onirique façonne des images/miroirs révélatrices de nos propres contradictions qui mettent en valeur l'éternel question : … dans ce que je vois ... qu'est ce que j'accepte de voir ?"
François Bernard
04 octobre 2007
Le Musée International des Arts Modestes présente « Déambulation Picturale N°3, Le six à Sète » de l’artiste Jacques HALBERT
Sète, rendez-vous ce samedi 6 octobre 2007 à 11h00
Le Musée International des Arts Modestes propose à Jacques Halbert d'investir
la ville de Sète pendant plusieurs jours grâce à la participation de différents
lieux, institutions, et commerces où seront accrochées les peintures de cet
artiste qui peint des cerises depuis plus de trente ans.
Le Musée International des Arts Modestes de Sète présente la plus grande
manifestation « cerisiste » orchestrée par l'artiste Jacques Halbert.
Il sera accompagné par cent cinquante supporters qui défileront dans les rues
et sur les quais de la ville, brandissant ses rouges cerises peintes sur fond
bleu.
Cet événement fait écho au rassemblement qui accompagna les funérailles
de Malévitch. Lors de son enterrement, ses amis l'avaient suivi en défilant et
en élevant ses peintures. Dans un silence total jusqu'à mi-parcours, les manifestants feront tanguer les cerises
de l'artiste. Et dans un second temps, ils seront conviés à crier et à défiler
sur l'hymne de « Cerise, cerise, cerise... ». La queue de la manifestation « cerisiste »
sera accompagnée de «pétroaïoleuses*» qui distribueront aux passants et aux
protestataires des tartelettes à la cerise. Rouges aux lèvres les fruits délicieux
dégoulineront avec sensualité. L'artiste ne peut se contenter de son ivresse
picturale, son oeuvre offre les délices et le régal du plaisir partagé. «
L'amour à plusieurs, c'est bon pour le coeur*».
MIAM
MIAM GLOU GLOU : 5ème EDITION
du 5 au 7 octobre
Depuis sa création en 2000, le Musée International des Arts Modestes initie des projets mettant en relation des artistes avec le monde du vin et de la gastronomie.
Ainsi, chaque année, le MIAM associe vignerons du Languedoc-Roussillon et
jeunes artistes, ces derniers créant des étiquettes de vins, le public étant invité
à prendre part à toutes ces manifestations.
Plusieurs expositions au MIAM et en région accompagneront ces rencontres.
Autre initiative autour des sens et du goût, en partenariat avec Jacques
et Laurent Pourcel, chefs du Jardin des sens, le MIAM a engagé
une réflexion sur la cuisine modeste, gastronomie fondée sur des recettes
familiales revisitées par des chefs cuisiniers et des artistes.
**Titre d'une chanson, interprète et auteur Marie France
**Musée
International des Arts Modestes
MIAM 23, Quai Maréchal
De Lattre - 34200 Sète Tel : 04 67 18 64 00










































































