09Un heureux évènement à saluer en cette semaine du salon Paris Photo avec la publication d’un ouvrage du photographe français Yves Gellie que je vous ai fait découvrir dans les pages de ce blog et dont vous pouvez consulter en permanence  2 portfolios.

VOIR le PORTFOLIO "Chine nouvelle"

Inclassable personnalité, à la frontière entre le photojournalisme et la photo plasticienne, il nous offre des tableaux photographiques sensitifs, kinesthésiques, à fleur de peau d’une sensibilité exacerbée. Son œil est exercé plus que d’autres et capable de capter l’infinitésimale alchimie d’un monde ou les mutations vertigineuses balayent en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire tout ce qui fait l’identité intrinsèque du peuple chinois, culture ancestrale, peuple tour à tour enraciné dans des traditions millénaires et inexorablement entraîné dans la modernité et l’urbanité industrieuse et industrielle.

03On est à la fois dans le monde de monsieur Hulot, dans les temps modernes de charlot et dans une saga du siècle dernier, dans un mélange inextricable  de modernité et de scènes qui appartiennent déjà au passé, du règne du tout plastique, de l’électronique sur fond de sites et de pierres sacrés.

Une image de la Chine si familière aux chinois eux mêmes, qu’ils manifestent leur étonnement lorsqu’ils découvrent qu’il s’agit bel et bien de la vision d’un photographe occidental. Cette réceptivité exceptionnelle révèle une part de l’histoire intime qui lie Yves Gellie à ce pays, qu’il a maintes fois arpenté au cours de ses multiples voyages au cours des 10 dernières années, glanant avec parcimonie des fragments précieux et rares, instants de grâce, moments d’intimité, détails insignifiants mais si révélateurs de cette autre Chine qu’il nous invite à découvrir. 

Olivier Castaing, Art Consultant, Paris le 12 novembre 2007 

60 photographies d’Yves Gellie accompagnées de textes en version française et chinoise de Larisa Dryansky et de Zheng Gu


Chine_nouvelle___Yves_GellieVient de paraître aux Editions
Naïve

Prix public : 49 euros

Yves Gellie dédicacera son ouvrage durant PARIS PHOTO

Samedi 17 novembre à 16h sur le stand D10 Galerie Baudoin Lebon

Une prochaine dédicace est programmée le 6 décembre 2007 à

la Librairie ARTAZART sur le canal Saint Martin. Je vous donnerai toutes les précisions utiles très prochainement. 

20« Pour reconstituer la vie quotidienne de la société chinoise et son évolution historique, l’œuvre d’Yves Gellie ne cible ni évènements ni personnages concrets. La technique développée par le photographe allie la poétique à l’analyse; son principe consiste à saisir la réalité chinoise par le détail, de façon qu’elle s’y redéploie jusqu’à s’y révéler dans sa globalité. Nombre de fragments qu’il sélectionne présentent des décors ou es lieux si habituels pour les chinois que leur regard ne s’y arrête plus. Et grâce à cette nouvelle perspective, on peut recouvrer la possibilité d’expliquer et d’éclairer l’état actuel de la Chine, Yves Gellie ne regrettera jamais de ne pas s’être emparé de scènes plus vastes : il est intimement convaincu que l’image partielle contient en germe les racines de l’esprit d’un peuple, que s’y anime l’essence d’une nation, et même qu’elle renferme des traits d’humanité à caractère universel.

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05La photographie a pour caractéristique d’être une expression partielle. C’est là à la fois son avantage et sa limite et Yves Gellie sait tirer parti de ces deux aspects. Il met à profit ce type de limites et d’inconvénients, afin de pouvoir restituer, sur un mode visuel plutôt que journalistique, la Chine telle qu’il l’a éprouvée. Ses travaux exhortent le potentiel d’expression et d’éclairage porté par cette dimension graphique. On peut dire que les portraits de la Chine dépeints par Cartier-Bresson et Riboud sont de nature narrative et scénaristique; qu’en conséquence leur lecture est aisée, que leur sens et les informations qu’ils communiquent se livrent avec certitude. Tandis que pour transmettre leur message, les photographies de Chine prises par Yves Gellie mettent l’accent sur les propriétés esthétiques de l’image elle même ; ce en quoi elles préservent leurs ressources visuelles, de même que leur âme et leur caractère abstrait.

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20aSans doute la Chine constitue-t-elle pour Yves Gellie un « Autre » culturel. Mais malgré tout, ce n’est pas au fond la reproduction de cette altérité intime qu’il vise lorsqu’il

la photographie. La

rencontre avec cette Autre Chine chère à son cœur est avant tout pour lui un moyen de se découvrir soi même, de forger sa conception du monde, de déterminer son éthique et sa perspective esthétique. Il va sans dire qu’il élabore en même temps sa propre pensée de la photographie. »

Extraits du texte de Zheng Gu, professeur de journalisme à l’université de Fudan à Shangaï traduit par Yen-Lu chen et Olivier Abenia.