30 septembre 2007
Cellula Phantastica : une Exposition d'Emilie BENOIST à la Galerie Eva HOBER à Paris
De très nombreux artistes se sont passionnés pour la science en générale et la médecine en particulier, du Moyen-âge à nos jours, de Léonard de Vinci à Andy Warhol, en passant par Monet ou Kandinsky les artistes ont sans cesse renouvelés, interprétés leurs visions sur les sciences et les recherches,.
Le corps a toujours était un sujet d'étude privilégié pour les plasticiens et les savants. Qu’il s’agisse de représenter la vie et de la magnifier ou de mieux la comprendre pour la préserver, on retrouve chez les artistes comme chez les médecins une semblable soif de connaissance.
Les artistes ont donc joués un rôle déterminant dans l'histoire de l'anatomie tributaire de la représentation graphique alors que dans le même temps l'art se nourrissait des progrès de l'anatomie en Europe. Dès la Renaissance et jusqu'au Romantisme, de Léonard de Vinci à Rubens en passant par Dürer, tous ces artistes ont bravé les interdits, s’adonnant à la dissection pour comprendre le fonctionnement du corps soucieux de révéler une autre vérité. Léonard de Vinci, «peintre anatomiste» comme il aimait à se présenter, considère le dessin comme «un outil de compréhension de la fonction et de la structure». Ce n’est qu’à partir de 1543 avec André Vésale, médecin anversois et la publication de son «De corporis humani fabrica» - la fabrique du corps humain - que l'anatomie scientifique à proprement parlé débute. Les 300 planches de la Fabrica, explorent méthodiquement le corps, constituant la référence pour les artistes pendant près de 300 ans.
Tout comme ses illustres prédécesseurs, Emilie Benoist a fait de la médecine sont sujet de prédilection, son oeuvre se démultipliant telle une prolifération créative, sous diverses formes et formats, plans et coupes en relief, dessins ou sculptures en 3 dimensions. Depuis plusieurs années elle se focalise sur l’infiniment petit quelle donne à voir, réseaux connectés, connexions synaptiques, déflagrations colorées d’une constellation de circonvolutions membraneuses ou filamenteuses aussi complexes que mutantes.
Littéralement fascinée par la représentation scientifique et médicale du corps, ses structures et ses formes de développement, elle n’a de cesse de les représenter. Cela pourrait s’apparenter à une quête permanente par laquelle l’artiste prend position dans une société uniformisée régit par les modes et les tendances, où il devient de plus en plus difficile de distinguer le singulier, l’individuel, et au final «le dedans».
De la même manière à l’heure de l’image de synthèse, du photo-shop omniprésent dans tous les travaux d’artistes, le choix de matériaux modestes, le plus souvent de récupération, magnifiés au travers de la représentation et de l’œuvre, du dessin au graphite avec quelques rehauts de couleurs, témoigne d’un parti pris revendiqué de s’affranchir de toutes les contraintes de matérialité et de technologie pour produire.
À la limite entre l’abstraction et la figuration, son œuvre se construit dans un rapport de tension entre le microscopique, voire le macroscopique et le monumental ou macrocosmique. Cette prolifération comme une implacable contamination kaléidoscopique et moléculaire envahit dessins et représentations en relief ou en 3D.
Dans sa dernière exposition nous découvrons une prolifération de billes de polystyrène agglomérés en une gigantesque forme trapézoïdale, qui resituée dans le contexte de sa récente résidence en Inde du sud, à Pondichéry, prend tout son sens.
Utilisant la cartographie d’anciens temples jaïns elle reconstruit, patiemment, strates par strates cette géographie mentale, arachnéenne prolifération cellulaire à l’image des dentelles de pierres et marbres qui ornent ces temples.
Puis elle se positionne à la base du cerveau, dans le prolongement de notre épine dorsale, créant une sublime et minimaliste reconstitution faite d’une branche de noyer qu’elle a révélée dans toute la nudité de sa gangue, poli jusqu’à sembler totalement organique, tel un ossement fossile qui serait tombé là à la manière d’un météorite géant.
Le format XXL permet une véritable confrontation, occupant tout l’espace de la Galerie pour engager un véritable «tête à tête» cérébral avec le regardeur.
Comme l’écrivait Michel Poivert à propos du projet photographique «CLINIC» qui a pour ambition d’explorer l’esthétique de l’univers médical à travers la photographie contemporaine :
«En confrontant la photographie médicale et le regard des artistes contemporains, on dispose ensemble des images entièrement déterminées par leur valeur d’usage (diagnostique et communication) et des images pensées en dehors d’une valeur d’usage, c’est-à-dire à l’intérieur d’un processus artistique. D’un côté les images cliniques, opérantes et déterminées dans leur finalité, de l’autre les images « du » clinique, exerçant sur son objet un regard oblique qui traduit de manière souterraine notre sentiment face au destin du corps. Les premières fascinent, amusent ou effrayent, les secondes interrogent, émeuvent ou apaisent.»
Un texte qui peut parfaitement s’appliquer au travail d’Emilie Benoist.
L’exposition est visible jusqu’au 13 octobre à la Galerie Eva Hober rue Saint Claude dans le 3ème arrondissement. L’occasion de découvrir également une magnifique série de dessins qui constitue un autre pan remarquable de son travail. Une artiste de talent dont je suis devenu un inconditionnel.
Une occasion à ne pas manquer !
Olivier Castaing, Consultant artistique, Paris le 30 septembre 2007
12 septembre 2007
Carte blanche de CAROLYN CARLSON à ROUBAIX pour les journées du Patrimoine 2007
Carolyn Carlson A Roubaix
Depuis quelques années la ville de Roubaix renaît de ses cendres industrielles, et occupe une place singulière dans le paysage urbain du Nord Pas de Calais. Qui n’a pas entendu parler de la PISCINE, lieu emblématique du patrimoine roubaisien, reconversion exceptionnelle de l’ancien stade nautique municipal en Musée d’Art et d’Industrie André Diligent.
Le dynamisme de la ville se traduit également par l’accueil et le soutien apporté aux nombreuses structures chorégraphiques, avec le Centre chorégraphique National mais également de jeunes compagnies de danse.
Oublié la crise du textile, désormais Roubaix occupe dans la métropole Lilloise une place à part, réhabilitant son patrimoine industriel pour créer des lieux dédiés à la création et à la culture en général.
Les journées du Patrimoine sont l’occasion de confirmer cette volonté avec une proposition originale conçue par Carolyn Carlson, Directrice du Centre Chorégraphique National. Depuis 2005, la danseuse et chorégraphe préside aux destinées de cette institution et elle a su séduire par sa programmation l’ensemble de la population.
« Les lieux patrimoniaux sont des espaces chargés d’histoire, une mémoire concrète, façonnée par les hommes, témoins muets et immobiles d’une époque passée. La volonté de
Le public est invité à remonter le cours de l’histoire textile de
Olivier Castaing, Consultant artistique, Paris le 12 septembre 2007
L’artiste Philippe TALLIS s’est associé à deux expositions réalisées à l’initiative de l’association ART ADDICTION.
Vous pouvez découvrir un PORTFOLIO dédié à sa peinture animalière et surtout l’album des toiles peintes en directes lors des rencontres des Jeudis du CCN avec Carolyn Carlson, en janvier 2007.
Journées du Patrimoine l 15 septembre 07
Carte blanche à
Intervention du peintre Philippe TALLIS
22h l Le conditionnement | durée 1h
Improvisation danse, peinture, musique…
peinture Philippe Tallis, chant Emmanuelle Bunel, violon Agathe Max, interprétation Rosalind Crisp, Chinatsu Kosakatani, Céline Maufroid, Sara Orselli, Cristina Santucci, Jacky Berger, Juha Marsalo, Yutaka Nakata, Sylvain Rambert et les danseurs de la Brigade d’Interventions Dansées.
Les danseurs participants de cette folle journée se rassemblent pour une improvisation dansée autour de la figure atypique de Philippe Tallis, peintre du mouvement ayant collaboré avec Maurice Béjart, Sylvie Guillem et le Cirque du Soleil. Les mouvements des danseurs prennent vie sur la toile, au rythme de la voix sensible d’Emmanuelle Bunel portée par le puissant violon d’Agathe Max.
Le programme complet sur le site du CNN
30 juillet 2007
Roland BURAUD : Litanies à dessein ou « the computer painting»
Il y a 2 mois environ, je me suis rendu à l’invitation de Roland Buraud à son atelier proche de la Bastille. Rencontré lors de l’exposition de Jean Rustin que j’organisais aux Caves de Babylone, il semblait relativement réservé et peu enclin à parler de son travail, une de ses amies qui l’accompagnait s’étant chargé de se faire ambassadrice.
Trois étages plus tard, je découvre une grande pièce baignée de cette belle clarté d’une matinée ensoleillée du début de printemps. Un atelier toute en longueur, pas très haut de plafond, occupé dans sa partie droite par 4 toiles de très grands formats, environ 5 mètres par 2, soit approximativement les limites tolérées par l’espace disponible … détail non négligeable quand on sait que le travail de l’artiste recèle toujours un peu de la topographie de son atelier.
En vis-à-vis des compositions-installations, nature morte de pinceaux chinois ramenés de ses récents voyages en Chine. il vient d’exposer en Chine et s’y rend régulièrement notamment pour des workshop avec des étudiants des Beaux Arts.
Roland Buraud a dû passer de longue heure pour apprivoiser le logiciel photoshop comme autant d’esquisses portant en elles les germes de ses dernières œuvres. Ce qui pouvait au commencement s’apparenter à un apprentissage constitue une réelle démarche de peintre, l’ordinateur étant devenu le prolongement naturel de la main et du pinceau, ancrant résolument son travail de peintre dans la modernité.
Comme le disait André Rouillé «La peinture n’est en effet plus limitée à l’alliage séculaire des pigments et de la toile rivée au mur, mais plutôt considérée comme un mode du faire et du voir artistiques. C’est une question de corps, de geste et de matériau. Voir en peinture, signifie être sensible à un faire, à des objets, à des qualités de lumières, de matières et de formes, à des temporalités et des opacités, ainsi qu’à des résonances venues de toute l’histoire de l’art, et aux rumeurs du monde tapies dans les plis des œuvres».
C’est cette conception ouverte et contemporaine de la peinture que Roland Buraud expérimente ici, créant à partir de la défragmentation de son œuvre passée le matériau de base de ses nouvelles compositions picturales, juxtaposant les captures d’images, intégrant des fragments comme autant de contrepoints en clair obscur, opacifiant ou injectant tel à plat de couleur, créant de toute pièce des œuvres ou le corps devient l’élément d’une catharsis. L’ensemble de ces œuvres numériques constitue la matière d’un l’ouvrage que l’artiste vient d’achever et qui est désormais disponible.
Poussant encore plus loin ses investigations, l’artiste prolonge sa démarche picturale en réalisant une vidéo. L’ensemble des œuvres numériques ont été montées tel un long travelling pour constituer une vidéo singulière qui tient à la fois de l’œuvre magistrale tant la matière visuelle et sonore prend une dimension inédite, dans une jubilation qui se ressent dans le rendu final.
Comme l’écrit R. Arnold B. dans la préface de l’ouvrage :
«C’est au retour de son premier voyage en Chine, en août 2004, qu’il entreprend cette longue série de peintures «virtuelles», d’estampes numériques, synthèse provisoire entre son travail des années passées, et l’espace chinois développé par les peintres de l’encre. … Il faut comprendre cette série dans son rapport au rouleau chinois traditionnel, infini dans sa durée, scandant l’espace des signes … «le Un engendre le deux, le Deux engendre le trois, le Trois engendre les dix mille êtres» Principe fondateur de la genèse taoiste.
Cette «série numérique» a donné lieu à la réalisation de tirages selon le procédé de "digigraphie", en édition limitée sur papier d’une qualité d’impression remarquable, tant le rendu respecte l’authenticité de la matière picturale et l’intensité de la palette de l’artiste. Un excellent moyen pour tous d’emporter une œuvre de l’artiste sans hypothéquer ses proches vacances.
Pour ceux qui souhaitent découvrir l’atelier et rencontrer Roland Buraud, je me tiens à votre disposition pour organiser une visite. N’hésitez pas à me contacter.
Olivier Castaing, Consultant artistique, Paris le 29 juin 2007
24 juillet 2007
Naji Kamouche ... un artiste d'exception
"QUI DE NOUS MOURRA LE PREMIER", 2006 - Silhouettes peintes, néons, dimensions variables
J'ai rencontré Naji Kamouche il y a quelques années à l'occasion de l'exposition "1ère vue" présentée au passage de Retz à l'initiative de Michel Nuridsany. J'ai été immédiatement conquis par le travail de cet artiste dont je suis un inconditionnel.
Les installations de Naji sont tellement présentes qu'elles ne demandent qu'à exprimer, révèler, donner corps à un monde de silence et de non-dit. Une oeuvre à la fois pudique et courageuse. Sa pratique artistique est une véritable hygiene mentale, dans un geste de reconstruction salvatrice. J'ai eu la chance de collaboré en 2003 avec Naji K. qui était l'un des 3 artistes sélectionnés pour "Murmures", 1ère Biennale d'Art Contemporain de l'Abbaye de Bon Repos que j'ai crée cette année là. Le texte qui suit a été écrit par Pierre Giquel à l'occasion de l'exposition de Naji Kamouche "Ce qui nous lie nous déchire", qui s'est tenue en mars-avril 2006 au Musée des Beaux Arts de Mulhouse. Pierre Giquel est pour moi la personne qui parle avec la plus grande justesse de Naji K. et du travail de l'artiste. Difficile de rivaliser et inutile de vouloir travestir les mots qu'il a su trouver pour parler du travail d'un artiste rare et remarquable. Ce texte est extrait du catalogue coédité à l'occasion de cette exposition personnelle de Naji K. par le Musée et "Le 19, Centre régional d'art contemporain, de Montbéliard sur une proposition de Philippe Cyroulnik , Directeur du Centre.
La mort colore tout
Les époques roulent en nous dévisageant, et nous savons qu’en fermant les yeux nous risquons d’esquiver ce face à face dangereux mais urgent. Cette urgence, Naji K. la tisse au plus près de la nuit, de la liberté, d’un mot chuchoté ou hurlé, dans un corps à corps tendre et désespéré à la fois, indifférent aux lois de la société, lecteur impatient de ses propres folies, jongleur mélancolique, passeur. Insoumis en plusieurs langues, ses armes il les affûte en inscrivant sur les murs et dans l’espace ses cauchemars et ses rêves, ces lambeaux qui se rongent les sangs, attentif à laisser ouverte la conversation entre les objets, les images et les mots, les plaies effrayantes et les séismes émettant des bruits inattendus. Ce qui a changé dans nos époques, c’est la couleur de la mort.
Qualifier une œuvre d’exclusivement politique, c’est prendre part à certaine forme larvée de découragement. Mais l’œuvre est toujours politique, par sa couleur, son timbre, par le droit à l’invention qu’elle exerce, par sa vigilance à rester vive. Echappant au slogan tout en le mimant, elle peut vous paraître suspecte. Et alors ? Qui m’a dit en entrant dans l’espace d’exposition : «ces œuvres me brûlent ! ». La visite, ici, va de pair avec une expérience. Je rentre, secoué par l’Orient et ses contes agités, frotté à des glissements fabrication occidentale. On m’invite à l’écart.
Naji K. manifeste le plus grand intérêt pour les mots qui s’affairent dans les interstices du doute et de la révolte. Même quand cette dernière se verrait frappée d’inanition, orchestrée par une cohorte de «planqués», ses traces sont visibles dans la chair même de leur auteur qui se permet non sans insister de nous les faire parvenir. Les mots, c’est l’aimé qui les a chuchotés, c’est l’amant qui a glissé en hurlant. Et les titres des pièces à parcourir ressemblent à ceux des chapitres d’une vie, chapitres accidentés qui tendent la main, il faut être deux pour que se fonde un récit.
Cette dimension humaine, trop humaine, on ne peut guère dire qu’elle rayonne aujourd’hui, les nains ont tord de s’habiller trop long, et les géants devraient s’intéresser aux lois de l’hospitalité. Même dans les fracas d’une enfance agitée, un mot familier peut composer un lien. Une ombre ne suffit pas à fausser la bouche. Et la pensée de l’autre, toujours, lorsqu’elle affleure et s’incarne visuellement et auditivement, porte les rumeurs d’une protestation, heureuse presque.
L’enfance, toujours pavée d’inexactitude. Il y a des plaies qu’on ne referme pas. Des hoquets qui durent. Un épisode théâtral qui réserve des surprises. Le décor, chez Naji K., ne relève pas du kitsch, mais des décombres. Et d’un temps où les bombardements n’étaient pas qu’intérieurs. J’entends, dans une cuisine française, les chants lancinants d’un ramadan escamoté. Je pressens des odeurs, des goûts et des couleurs que les poètes fiévreusement ont aimés, dans l’Algérie, légère, avec l’essence du tragique.
«Il faudra vous y faire, notre culture penche vers l’oubli». Difficile d’envisager un monde inhabité. Un goût de cendres entoure parfois certaines installations qui sont comme autant de deuils à l’amour, aux corps, à l’insouciance (veillées fatales abritant des messages de mort, phrases segmentées, respirations amputées), autant d’adieux à un bonheur qui fit faux bond d’emblée. Cet amoureux des peaux qu’est Naji K. héberge des fantômes.
A l’assertion «La mort occulte tout» s’était substituée une autre opinion, fruit d’une défaillance de l’ouïe, «La mort colore tout». L’hésitation contenue dans ces jeux sonores, et dont le surréalisme fit ses gorges chaudes, se faufile habilement dans les mots et les objets qu’ordonne et désordonne Naji K. Témoignage troublant de celui qui fait d’un incident linguistique le lieu de sa colère, ou de son désir, de ses regrets. Les fantômes dont nous évoquions la présence sont couverts d’ecchymoses, ils semblent se tenir devant nous à portée de mains, mais en fait ils fuient, pour brouiller les pistes, éviter l’épanchement, garder hybride leur ambulant tremblement. Chaque chapitre s’écrit dans le mouvement d’un opéra.
«Ce qui nous lie nous déchire», je ferme les yeux, je vois des couleurs, des ruines, les bruits d’une époque, noire, qui gronde. Du rouge s’est mêlé comme au bord des baisers qui aiment se souvenir, de la chaleur du jour, d’une épaule accueillante, d’une main qui bouge dans le miroir. «Ce qui nous lie…», tu t’abandonnes, tu vous voyais inséparables, tu sais aujourd’hui qu’il t’a fallu faire volte face, le déchirement était attendu, incontournable, inondant tout de tes « larmes sans armes », héros solitaire d’un film dont on aurait égaré les partitions.
«Dis moi le regret de mon silence», l’injonction a pris le poids du plomb et s’est logé dans un leurre, celui d’un objet qui se consume. Comment veux-tu donner une preuve de l’existence de Dieu ? Je ne sais pas si la mort est plus vraie qu’une image, il y a quelque chose qui manque, auquel on pensait tout le temps, de gris, dans le temps qui s’égrène, qui bat tel un marteau, régulièrement, qui absorbe.
«Mémoire assassinée», et cette cotte de maille dans lequel un corps a respiré, s’est raconté, a déposé ses cris. La lumière aime à circuler dans ses reflets, je me tiens certes devant une évocation de l’absence, et je commence par la main à prélever du vivant, je me surprends à caresser ce qui me sépare, autour de mon doigt s’enroule une légende, je quitte le fait divers, je m’enfonce dans le mythe même, une sonate accompagne mes gestes et mon blasphème, «tu n’es pas mort pour rien» disaient-ils en quittant les charniers, tu es mort pour moi sans fausser compagnie, un soir de mai, dans la saveur des voix qui luttent encore, et qui me poursuivent effrontément, sereinement, musicalement. Car la mémoire est musicale.
«De l’amer va l’aveu», «Qui de nous mourra le premier», «Nous irons tous au paradis», autant de confidences qui s’adressent à nos raisons menacées. Les objets et leurs fiançailles redoutables créent un bien étrange ballet, je perçois dans ces chorégraphies des manières parfois appuyées, parfois délicieusement allusives, de laisser s’exprimer le silence et la conversation. Une conversation belle et grave, un silence obscène. Le marbre, on le tourne comme une page.
«Caresser l’errance d’un pas oublié». Ces mots légitiment une pièce séduisante et poignante, où la voix est chantante et triste, une pièce où pointent le jeu et l’accusation, sous la douceur d’un tissu. Chaussures solitaires dont les motifs se confondent à ceux d’un tapis, camouflage qui peut se lire dans l’espace du conte comme dans le report d’une scène porteuse d’irradiation, chaque chaussure cherchant sa paire incomplète, revivant secrètement l’heure d’une amputation. Les mots résonnent sans cri et pourtant cette voix qui doit autant aux vivants qu’aux disparus circule, croisant des épopées et des confidences, une voix échappée de l’abîme, et du dégoût, une voix dans un état d’apesanteur. Ultime lettre de l’aimé qui revient toujours sur son amour, aveu tendre du nomade attaché à ne jamais se figer. Cette lettre, tu l’as dictée avec des fils tendus d’or, quelques années après qu’un bruit violent ait alourdi ton cœur.
«Seul». Ils auront beau faire, allumer des bougies, commémorer, ouvrir des portes qui donnent sur des murs, embrasser les vides, combler d’ombre la beauté qui se prosterne, nous choisirons le courant d’air au confort des gîtes. Les installations de Naji K. parlent du gouffre, la main du Diable se moque du doigt de Dieu, et nous ne savons pas prier, les cartes s’emplissent de chiffres tortueux, à la recherche de territoires dont nous apprécions l’aléatoire, d’autres diraient la poésie, nos navigations sont fragiles, et nous les aimons, elles relèvent tout ce qui menace de s’effondrer, elles annoncent aux amants des voyages insoupçonnés, elles desserre l’étau, elles nous invitent à bifurquer, bifurquer, bifurquer.
Pierre Giquel
La NEWS du 30 mars est également consacrée à une installation de Naji.
Légendes des installations
"SEUL", 2003 - Fenêtre, néon clignotant, poignées métalliques, dimensions variables
"NOUS IRONS TOUS AU PARADIS", 2001 - Tiges métalliques, ampoules flammes, charbon, 200 x 140 cm
"ET RAME LES LARMES SANS ARMES", 2005 - Bougie, mêches de cheveux, 170 x 60 cm
"TRANSPIRER L"ESSENCE DE MON PARDON", 2006 - Structures en bois calcinées, câble métallique, horloges, son, dimensions variables
"CARESSER L'ERRANCE D'UN PAS OUBLIE", 2005 - Tapis, chaussures - 200 x 135 cm
20 juillet 2007
FONDATION Jean RUSTIN ... vu dans la Presse
Découvrez un excellent article paru dans CONNAISSANCE DES ARTS à propos de la Fondation Jean RUSTIN à Paris.
Retrouvez sur ce BLOG la news consacrée à l'accrochage en cours à la Fondation "Jean Rustin : le triomphe de la peinture"
Fondation Jean RUSTIN
38, boulevard Raspail
75007 PARIS - Métro : Sèvres babylone
Entrée libre les jeudi, vendredi et samedi après midi
Tél. 01 42 84 46 35
www.rustin.eu - info@rustin.eu
03 juillet 2007
L'ART c'est la vie ... pétition à signer et à faire circuler !
Vous trouverez ci-dessous un manifeste et une pétition virale qui circule depuis quelques jours sur le net et auquel la rédaction d'art-addiction souscrit à 500%. Raison de plus pour s'en faire l'écho et vous inviter à rejoindre les signataires.
Ce que nous dénonçons régulièrement dans les éditos ou billets d'humeur ou en promouvant des artistes reclus dans l'ignorance à laquelle les condamne ces «sachants»dont le parisianisme n'a d'égal que l'étroitesse d'esprit et la sclérose nébulo-rachido-éroto-manichéenne et l'autosatisfaction de caste qui les guette.
Que cette reprise dans ce BLOG concoure à amplifier le mouvement qui s'amorce à la faveur de cette pétition dont nous souhaitons qu'elle reçoive auprès de tous et chacun un écho attentif, vigilant et engagé, formulant le vœux qu'elle saura être entendu par ceux et celles qui par leur despotisme culturo-manichéen entendent accaparer l'art en France et créer une désertion accélérée de toutes les bonnes volontés, talents artistiques sans oublier les énergies et la vitalité de tous les artistes étrangers qui ont choisi de s'installer en France ou d'y résider quelque temps.
A bon entendeur salut !
La rédaction d’ART ADDICTION
L'ART c'est la vie ...
Nous sommes tous des engagés volontaires pleins d'énergie. L'art est notre vie.
Mais, en France, l'action du ministère public qui cherchait à favoriser la vitalité créatrice des arts plastiques en désorganise désormais de plus en plus profondément le cadre naturel par ses excès :
- la normalisation et le monopole d'un certain art officiel,
- les manipulateurs masqués qui, au sein des institutions et notamment au Musée National d'Art Moderne, imposent une pensée unique, soumise au marché et à la mode, obsédée par l'art tendance, les accrochages big-bang, et l'art spectacle,
- la centralisation abusive du pouvoir entre les mains d'un petit groupe de censeurs qui, au sein de la Délégation aux Arts Plastiques et du Musée National d'Art Moderne, dévoient l'action de ceux qui pensent et veulent agir autrement,
- la censure et le mépris que ces agents doubles du marché international imposent à la création en France au mépris de leur fonction,
- le détournement des FRAC, victimes des mêmes influences
- l'isolement et l'exclusion dont sont victimes des fonctionnaires indépendants d'esprit et non conformes aux diktats officiels.
- les choix incohérents, inconstants, et mondains de Cultures France ( ex-AFAA ).
Pour exprimer sa réelle vitalité, la création en France a besoin d'être libérée de cet encadrement officiel. Sa diffusion par le ministère public doit découler naturellement de son histoire et témoigner de sa véritable diversité.
- l'équité et le pluralisme des générations et des courants dans les présentations officielles de la création contemporaine en France.
- la répartition équitable des lieux d'exposition temporaires, Galeries contemporaines du Centre Pompidou, Galeries Nationales du Grand Palais, espaces du Palais de Tokyo, et
- la création de Conseils d'Orientation pour garantir à la fois la pertinence, la transparence, le pluralisme et l'équité des orientations et des choix du Musée National d'Art Moderne, de la Délégation aux Arts Plastiques, et de Cultures France.
- une participation significative des artistes à ces Conseils.
- le soutien des initiatives privées par des mesures d'encouragement efficaces.
- l'enseignement artistique à l'école enfin pris en compte dans les évaluations et doté des moyens nécessaires,
- un lieu vaste et ambitieux pour montrer en permanence et sans complexes, à Paris, toute la vitalité, la diversité, et l'originalité de l'art en France.
Le nouvel espace du Palais de Tokyo ne pourra être ce lieu qu'à condition d'affirmer sa propre identité dans une complète indépendance du Musée National d'Art Moderne, en fait si peu national.
Nous pensons aussi que ce lieu doit être un lieu d'échanges avec les régions.
Nous demandons enfin que des artistes désignés par leurs pairs soient associés aux travaux du comité de préfiguration qui garantiront la vitalité, la diversité et l'équité du projet et de la programmation.
En pratique comment faire : envoyer votre signature en cliquant ICI
et surtout faites circuler cette pétition à tous ceux qui autour de vous se sentiront concernés ! ...
Illustrations :
Pierre&Gilles - Fleur de shangaï, 2004 95,5x69 cm Photgraphie peintre - courtesy galerie Jérome de Noirmont
Bluebrothers olaf breuning expo air de paris - courtesy Centre Pompidou
25 juin 2007
La cape du blues, performance de Nicola L, ce soir Place Saint Sulpice
A ne pas manquer ce soir Place Saint Sulpice, à 18h30 précise !
Dès 1969, Nicola utilise le vêtement surdimmensionné comme support de son art, et bien plus tard , à partir de juillet 2000 initie ses performances nomades avec la "cape bleue" dans des sites symboliques aux 4 coins du globe, de La Havane à Venise, en passant par Genève ou Los Angeles et plus récemment en 2005, sur la grande Muraille de Chine, conviant artistes locaux et troupes de danseurs à s’approprier la cape, mue par 12 corps humains, devenu territoire d’expression en mouvement.
Nicola L ouvrira sa «CAPE DE TRANSFORMATIONS» ou “
Parmi les 12 occupants de la Cape, on reconnaîtra les visages-masques de : SIDNEY BECHET, ALBERTO GRECO, YVES KLEIN, IRIS CLERT, COPI, MARCEL BROODTHAERS, CESAR, DANIEL POMMEREULLE, PIERRE RESTANY, RAYMOND HAINS...
Rendez-vous ce soir, lundi 25 juin 2007 à 18h30 devant les baraques B6 B7 B8 place saint-Sulpice et devant le parvis de l’église.
“ LA CAPE DU BLUES” a lieu ce soir à l'occasion de l’édition 2007 du salon d’artistes A3-art organisé par Leïla Voight, place Saint-Sulpice.
23 juin 2007
Fondation RUSTIN … venez découvrir le nouvel accrochage
LE TRIOMPHE DE LA PEINTURE
(2002-2006)
La Fondation est soucieuse de présenter les travaux récents de Jean Rustin. Nous avons inauguré ce lieu en présentant un ensemble de peintures « classiques », représentatives du travail de Jean Rustin au cours des vingt dernières années.
Depuis le 9 février 2007, plus de deux milles visiteurs sont venus découvrir ces toiles, baignées dans la lumière du jour, dans des conditions similaires à celles de l’atelier.
Le lieu a enchanté, le regard humaniste du peintre a ému, touché le public, mais surtout l’excellence de Jean Rustin a été reconnue et la peinture a triomphé du sujet et du discours qui l’appréhende.
La fondation est devenue un lieu de dialogue et d’expression. La peinture ne cesse d’être célébrée dans les termes les plus élogieux. Les visiteurs en sont souvent sortis en ayant le sentiment d’avoir entrevu la peinture comme un miracle. Un cours d’histoire de l’art y a été donné en présence de l’artiste.
Charlotte Waligora, Directrice de la Fondation Rustin
38, boulevard Raspail
75007 PARIS - Métro : Sèvres babylone
Entrée libre les jeudi, vendredi et samedi après midi
Tél. 01 42 84 46 35
www.rustin.eu - info@rustin.eu
A découvrir 3 nouvelles publications parues à l'occasion de l'inauguration de la Fondation RUSTIN à Paris, et des expositions en Italie à Milan et Varese. Ces ouvrages sont en vente à la Fondation.

Jean Rustin, dans les consciences collectives, est compris comme un peintre et nous rendons, aujourd’hui, hommage à ce qu’il ne cesse de dire depuis 20 ans : « je suis peintre, je ne fais que de la peinture. »
La nouvelle exposition met l’accent sur l’excellence et la virtuosité du peintre. La peinture se fait et se défait en toute liberté, la facture est somptueuse, le sens de la couleur se révèle dans une stupéfiante diversité. Loin de la gravité généralement relevée, ces peintures ont été rassemblées pour démontrer que le sujet n’est plus qu’un prétexte de création et de composition avec, parfois, des accents drôlatiques, amusants.
19 juin 2007
L’ATELIER DU NON FAIRE par Claude Vénézia
Un jour d’hiver à l’hôpital de Maison Blanche, en banlieue
parisienne. Pluie fine sur le grand parc aux arbres centenaires, pavillons du
19° siècle, répartis entre des pelouses et d’interminables allées : une
petite ville close. Parfois nous croisons une silhouette solitaire. Atmosphère grise et froide.
Voilà quarante ans que j’explore les banlieues de l’art,
par chemins de traverses, à la rencontre d’individus atteints par la rage
de l’expression, selon la belle formule de Francis Ponge. Cette nécessité
intérieure qui les pousse à prendre d’assaut les territoires de l’art, sans
préalable culturel et sans le moindre complexe. Pas de concession à
l’esthétique, au bon goût, ni à l’attente du public. Ma curiosité m’a conduit
aux quatre coins de l’hexagone, me réservant, à travers les rencontres les plus
improbables des surprises sans fin et de vraies amitiés. Ceux que Dubuffet
nomma artistes bruts, perchent souvent aux marges de la société, originaux, bizarres, révoltés, humoristes ou
misanthropes et parfois rejetés dans l’univers psychiatrique. Je les ai appelé
les anartistes.
En décembre 2005, un ami me recommande de me rendre
d’urgence à l’hôpital de Maison Blanche, pour visiter un lieu étrange, menacé
de disparition. Inventé par Christian Sabas, infirmier en psychiatrie,
musicien, peintre et poète, l’Atelier du Non Faire ainsi qu’il l’a nommé, est
né au sein de l’institution, dans un pavillon désaffecté grâce à un chef de service
excédé par le non-conformisme de Christian mais secrètement admiratif de son
contact privilégié avec les patients.
Les patients vont et viennent aux heures ouvrables, et
peuvent, sans contrainte, bouger, chanter, dormir sur les banquettes, peindre,
aller et venir, entrer et sortir, écrire, parler ou fumer, s’isoler, observer
ou ne rien faire qu’être là, dans le son ou le silence, dans le bain de chaleur
et de couleur proposé aux sens. Dans la pulsation de la vie. Les mille m2 du
pavillon permettent à chacun de trouver sa place.
L’écoute attentive des deux responsables, leur capacité de
stimulation, propose une alternative à l’anesthésie médicamenteuse qui est
censée calmer les souffrances. Quant à Christian, il a une belle formule pour
définir l’ambition de l’Atelier du Non
Faire : c’est tout simplement de moins mourir. Libérer le goût de vivre
écrasé sous le couvercle de l’angoisse, par le cri, le chant, le geste, toute
expression, même la plus modeste, peut être un pas vers la sortie. Un groupe de
rock, Démence Précoce, s’est formé avec des musiciens et des patients
désireux de sortir de l’impasse. Il se produit en ville à toute occasion. Par
ailleurs, plusieurs bistrots et un théâtre, le Lavoir Moderne Parisien,
accueillent des réunions hebdomadaires pour un café du matin, bonne occasion de
sortir, rencontrer, échanger, élaborer des projets.
Abdenour
Zahzah et moi-même, en glanant images et sons, avons mémorisé quelques instants
de la vie de ce lieu unique, que l’évolution de la politique institutionnelle
condamne à disparaître sous sa forme actuelle. Sans proposer d’alternative.
Photos d'oeuvres peintes extraites du site de l'Atelier du Non Faire
18 juin 2007
L’atelier du non faire : un territoire artistique hors norme
Un film réalisé à 4 mains par le cinéaste Abdnour
Zahzah et Claude Venezia.
Abdenour
Zahzah et Claude Vénézia ont en commun un regard d’une profonde humanité sur
leurs prochains, un amour viscéral de l’authenticité et de ce qui fait la
singularité et la richesse de notre monde, les hommes et leurs histoires, et en
particulier celles de tous ceux qui se retrouvent au ban de la société par ce
qu’ils sont différents, atteints de « folie », et parqués « hors
du monde ».
Accepter les autres tels qu’ils sont, se mettre en phase avec eux pour tenter de mieux comprendre à défaut de les comprendre.
Abdénour Zahzah
et Claude Vénézia sont partis à leur rencontre et ont réalisé un film dans
lequel ils nous font découvrir avec indulgence et sans préjugé ceux qui sont
différents de nous et qui dans l’incommunicabilité dans laquelle leur folie,
plus ou moins avérée, les enferme, trouve au travers de la création plastique,
un mode d’expression singulier. Des œuvres foisonnantes de vie, d’une richesse
d’expression originelle, hors des contingences du bon goût ou des modes, du
mercantilisme ambiant et des compromissions de circonstance.
Ce film qui s’inspire d’un sujet de Claude Vénezia a
été réalisé à quatre mains, combinant le talent, l’inspiration et la
sensibilité de deux hommes : Zahzah et Vénezia.
Abdenour Zahzah
Né en 1973 à Blida (Algérie). Après des études
universitaires en audiovisuel, il dirige la Cinémathèque de Blida de 1998 à
2003 et devient selon sa propre formule " montreur de films ".
Frantz Fanon :
mémoire d'asile son
premier film réalisé en 2002 a
été présenté dans plus de 30 festivals internationaux. Evocation, à l'aide d'images
d'archives et de témoignages actuels, de la vie de Frantz Fanon, psychiatre
d'origine antillaise nommé à Alger, théoricien de "l'aliénation de l'homme
noir".
Vivant
entre l'Algérie et la France, il produit en 2005, son deuxième documentaire « Sous
le soleil, le plomb ». Un documentaire consacré à l’univers du livre et de
ses métiers, dont l’action se situe à Blida, la ville qui l’a vu naître et
grandir. L’histoire d’une ville qui a enfanté de grands hommes, vu au travers
de son imprimerie, une entreprise familiale dont il a retrouvé une des
dernières descendantes.
Actuellement,
il prépare son premier long métrage documentaire « Images invisibles ».
Filmographie d'Abdenour ZahZah
- Frantz Fanon : " Mémoire
d'asile ". Doc. 52 min. 2002.
- « Sous le soleil, le
plomb ». Documentaire. 52 min. 2005.
- « L’Atelier du Non
Faire ». Documentaire 2007
Voilà quarante ans que Claude Venezia « explore les
banlieues de l’art, par chemins de traverses, à la rencontre d’individus
atteints par la rage de l’expression, selon la belle formule de Francis Ponge.
Cette nécessité intérieure qui les pousse à prendre d’assaut les territoires de
l’art, sans préalable culturel et sans le moindre complexe. Pas de concession à
l’esthétique, au bon goût, ni à l’attente du public. Ma curiosité m’a conduit
aux quatre coins de l’hexagone, me réservant, à travers les rencontres les plus
improbables des surprises sans fin et de vraies amitiés. Ceux que Dubuffet
nomma artistes bruts, perchent souvent aux marges de la société, originaux, bizarres, révoltés, humoristes ou
misanthropes et parfois rejetés dans l’univers psychiatrique. Je les ai appelé
les anartistes ».
Olivier Castaing, consultant artistique, Paris le 18 juin 2007
Retrouvez dans la news de demain le texte de Claude Venezia, qui a servi de point de départ à la réalisation du film.
Oeuvres peintes extraites du site de l'Atelier du Non Faire.




































































