12 octobre 2007
le "NON" de Nicola L. : "se masturber dans un art égocentrique ? "
NON !
Je pense qu'actuellement tout artiste qui n'est pas touché, motivé par ce qui se passe dans le monde - la tragédie de Birmanie, du Darfour, de la Palestine, de l'Irak, les horreurs des naufragés de l'immigration venant des pays où l'on a faim, la planète qui se réchauffe rapidement - est protégé par une peau très épaisse d'égocentrisme. Peut-être est-ce la solution?
Il faut en effet avoir cette peau-là pour faire au même moment à la Biennale de Venise une exposition sur la rupture ... rupture sentimentale qui devrait plutôt prendre place dans la rubrique consacrée au courrier du coeur d’une presse féminine. Ce mot « rupture» décidemment bien galvaudé puisque utilisé pour la campagne d’un homme politique égocentrique lui aussi et qui est la continuité d’un certain passé…
Peau égocentrique aussi pour le planteur de ce pot de fleur trônant depuis des années devant un des grands musées d'art contemporain ? Sans oublier un autre pot de fleur en forme de petit chien présent dans toutes les grandes collections d'art ? A moins que ces pots de fleur là soient des urnes destinées aux cendres des morts martyrs à venir ?
Il faut avoir cette peau-là pour récemment ne pas pleurer, crier devant l'image des visages d'enfants de ces bonzes défilant souriant vers la répression violente qui va sévir...et assister au vide et au silence revenir dans les rues après la répression brutale et sanglante filmée en cachette dans un pays enfermé par la dictature ?
Où sont les manifestants qui défilaient non armés, dignement ?
Allons nous aussi rester silencieux ?
Faut-il revenir dans cette peau épaisse, nombriliste et s'y cacher comme dans un édredon ?
Se masturber dans un art égocentrique ?
Où y a-t-il espoir d'une autre peau qui nous relierait, nous artistes, dans un même cri NON !
Nicola L.
New York, October 2007
02 septembre 2007
La collection Pinault au Palazzo Grassi : du pinacle à la débacle curatoriale !
le «Kiosk » d’Urs Fisher et Franz West
Ca commence comme dans un james bond, arrivez en vaporetto collectivo, faut pas rêver le riva tout acajou c’est pour les invités people. Le bâtiment en impose par sa taille mais son côté trop restauré tranche avec les palais environnants, comme pour signifier qu’ici « faut qu’ ça en jette ! … ».
Côté grand Canal, un tête à tête géant avec l’œuvre de l’artiste indien Subodh Gupta, que nous avions découvert lors de la nuit blanche dans la chapelle Saint-Bernard
Avant de pénétrer dans le saint des saints, tant glorifié par la presse, dans une surenchère exponentielle de louanges digne signe d’allégeance pour toutes les pleines pages de pub achetées par les marques de luxe, fleuron du groupe de Monsieur François, petit détour par le «Kiosk » d’Urs Fisher et Franz West, duo déjà associé à l’exposition d’ouverture, qui récidive avec un une antichambre sur pilotis, couronné d’un monticule blanc, improbable croisement entre un phallus de mammouth et le tarin de Tartarin de Tarascon, doté d’un orifice en forme de cœur, pour le côté glamour in love, avec lustre à pampille et graffiti sur aluminium inside, of course !
Une fois le cordon de balisage franchi, non sans avoir esquissé un sourire en découvrant l’affichage sauvage de Patrick Mimram sur un compteur électrique non loin de là, qui annonce élégamment « pas d’art à l’intérieur ! » forme d’avertissement subliminal ou facétieuse provocation d’un impertinent !?
Deuxième round du james Bond, avec un jeune éphèbe en costume noir, tout droit échappé d’une pub de Dolce Gabbana, qui vous intime l’ordre de passer à la caisse … (ses clones vous marquent à la culotte non stop dans les étages, qui sait s’il vous prenez l’idée de vouloir voler un cliché ou subtiliser quelques détritus labellisés « objet d’art ») et oui le mécénat s’arrête aux intérêt privés de notre ami François … qui vous allège sans vergogne d’un droit d’entrée de 10 euros (à comparer avec les 15 € du pass vous permettant de visiter l’ensemble des pavillons du Giardini et de l’Arsenal dans le cadre de la Biennale), l’appareil photo confisqué sans ménagement, équipé de votre clé de vestiaire + 2 euros, direction l’atrium pour une confrontation avec l’arbre du père Noël qui n’est pas une ordure quoique …
« Jet set lady » œuvre d’Urs Fisher (décidément la collection Pinault capitalise sur cet artiste tant par la représentativité dans la collection que par la visibilité qui leur est donnée) se retrouve enfermée dans le carcan des colonnes, balustres et voûtes de l’édifice semble comme engoncée dans un costume trop étriqué, impression qui subsistera tout au long de cette visite, d’un bâtiment qui peine à s’effacer pour valoriser son contenu. Mais arguons que les curators en ont vu d’autres et que le lieu fait partie d’un cahier des charges sans commune mesure avec l’envergure de la collection.
L’arbre de Noël scintille d’une myriade de cadres renfermant les reliques de cinq longues années d’élucubrations en dessins, dont la trivialité et la juxtaposition peine à donner du sens à l’ensemble … Il y eu mis les photos d’un album de famille ou les boites à archives de quelques camps de détention que cela eu tout de suite une autre gueule … bémol quand même, ce type de conifère a au moins l’avantage de ne pas perdre ses aiguilles, qui eurent risquer de se prendre l’épine dans le tapis de Rudolf Stingel, commande spéciale bien entendue !
Si vous n’êtes pas encore au tapis, n’ayez crainte l’indigence curatoriale va crescendo tout au long de cette visite, dans une juxtaposition des plus hasardeuses, que le pedigree de la dame, annoncé tels les décorations d’un vieux général de l’armée russe, laisse pantois même le moins informé des visiteurs.
Comment peut-on avec une collection de cette importance arriver à un résultat aussi pitoyable, dans un parcours sans queue ni tête, malgré la présence d’œuvres remarquables.
On peut découvrir avec bonheur, une série d’empreintes de l’américain David Hammons, travail réalisé dans les années 70 et caricaturale dénonciation du racisme ambiant de l’époque.
Tout aussi incontournable, la sud africaine Marlène Dumas, dont le trait et les partis pris composent un dyptique magistral. Fidèle à son habitude, empruntant tant à l’histoire de l’art qu’aux faits divers du temps présent, le peintre confronte deux gisants, transposition du célèbre tableau d’Hans Holbein » représentant le Christ mort, et une représentation picturale inspirée du cliché publié en septembre 1986, montrant Michael Jackson les yeux clos, les bras le long du corps, dans son caisson hyperbare, dans la plus pure tradition expressionniste.
Une belle découverte avec le travail de l’italien Roberto Cuoghi, artiste trentenaire, qui réalisé pour l’occasion une série de 9 œuvres. Combinant de multiples techniques il compose une cartographie de « l’axe du mal », tel que définit par Bush, 9 tracés matiéristes qui donnent à voir, révèlent dans un subtil jeu de transparence et d’opacité, les improbables contours de ces nations désignées à la vindicte guerrière. Une approche subtile et un réel talent pour apporter un point de vue distancié du monde de l’art face à une actualité encore brûlante.
Pour le reste, une accumulation d’œuvres décevantes, comme la pseudo installation de Franz West, série de vitrines contenant les maquettes et prototype miniatures de certaines de ses principales créations. Le côté cabinet de curiosité fait davantage penser au corner coquin de quelques vendeuses de sex toys, dépouillant l’œuvre de sa force monumentale seule à même de donner la résonance exacte du travail de ce grand artiste autrichien.
Dans la même veine, les photos de Louise Lawler, accueillie en résidence lors du montage de la première exposition « Where are we going ? » en 2006, fait flop, confondante de banalité, anecdotique point de vue d’une artiste sur le travail de ses contemporains, seul le cliché montrant la sculpture « Him » de Maurizio Cattelan sort quelque peu du lot, montrant un Adolf dans sa boite de transport, inoffensive momie de cire, dépourvue de sa magistrale provocation lorsqu’elle est mise en situation.
On jettera juste un dernier regard dubitatif au badigeonnage jaune fluo commis par Anselm Reyle, qualifié de «clin d’œil à l‘expressionnisme abstrait », juste histoire de vous en foutre plein la vue au risque de vous aveugler dans une chute-performance pour choir 2 étages plus bas à moins que vous ne vous récupériez aux branches du fameux sapin pin pin !
Monsieur François, confier les clés de vos réserves à semblable indigence, relève soit de l’inconscience, ce qui est risqué pour un visionnaire de l’art comme vous …, soit de l’irresponsabilité culturelle, trop peu respectueux de ceux qui s’intéressent à l’art contemporain et veulent soutenir les artistes autrement qu’à coût de millions d’euros flambés en simulacre de mécénat. Vous avez pris le risque d’être par trop déceptif, sentiment unanime partagé par tous ceux que nous avons croisés au cour de notre séjour, le travail curatorial de votre équipe ne pouvant soutenir la comparaison avec la sublime exposition proposée par l’antiquaire belge Axel Vervoordt au Palais Fortuny ou la subtile alchimie d’un Jan Fabre investissant un Palais tout proche.
Olivier Castaing
23 février 2007
Chantal Thomass relooke le mythique Lave-linge de Vedette
Les temps changent ! …
Chantal Thomass relooke le mythique Lave-linge de Vedette
1972 ... souvenez vous ... cette pub mémorable avec la fameuse mère Denis qui vantait les mérites du lave linge de la marque vedette dans une prairie.
La mère Denis doit rosir de plaisir en voyant le dernier modèle de la marque
"Dessus-Dessous" customisé par Chantal Thomas, la papesse du dessous chic affriolant.
Avec un peu d'imagination on se téléporte 35 ans en arrière et l'on se prend à relooker la mamie-vedette de l’époque qui aurait troqué sa culotte XXL contre quelques dessous froufroutants avant que d’aller se faire trousser au milieu des blés par quelques jeannots lapin …
Chantal Thomass, papesse des dessous chics et aussi la reine du marketing, qui vient d’habiller la machine à laver vedette d’un capitonnage de soie rose bonbon, bien kitsch et exubérant !.
.. .Signe des temps oblige, le prototype de ce modèle "collector" habillé de capitons en soie rose, sera prochainement vendu aux enchères au profit d'une association.
Le modèle que vous pouvez acheter au prix de 850 € est édité en série très limitée à 300 exemplaires, et réservé aux premiers inscrits.
En prime ces 300 chanceux ou chanceuses se verront offrir un "sac à dessous" griffé Chantal Thomass pour laver leur lingerie délicate.
Réservation en exclusivité sur le site vedette par Chantal Thomass.
Bon week end à tous et n'oubliez pas de faire tourner vos machines même si çela ne fait pas forcément voir la vie en rose ... en écoutant bien entendu ce fameux tube de la môme PIAF ... il paraît que le film est à voir !
Olivier Castaing - Paris 23 février 2007





























































