Antonioni, Bergman, Serrault ... 3 géants tirent leur révérence !
En 1964 parlant de l’engagement d’Antonioni, Umberto Eco
écrit: «Une œuvre d’art qui nous fait
prendre conscience de la nature de nos rapports avec les autres et avec les
choses, en en démasquant les éléments trompeurs, en mettant à nu certaines
structures portantes: c’est la seule et unique œuvre d’art qui mérite, à nos
yeux, l’appellation d’engagée. Les autres ne sont que des exercices de style
qui exploitent la chair et le sang d’autrui pour écrire du beau langage.»
La mort de 3 géants du cinéma … un mauvais remake de l’été
meurtrier ou plutôt le dernier épisode de vies bien remplies, exemplaires le
plus souvent, généreuses et palpitantes comme on souhaiterait qu’elle soient
pour chacun de nous. A croire qu’il se sont donnés le mot, voire la politesse
pour sortir par ordre, en rang serré tout de même.
Le trublion truculent que fut Serrault, jeune homme du trio
qui aura notamment marqué le cinéma français de ses facéties de « folle en
cage », le géant du cinéma suédois, venu du théâtre, un auteur d’exception
ayant toujours privilégié les mots et les dialogues, et enfin le doyen, entré
depuis trop longtemps malgré lui dans une retraite silencieuse comme pour mieux méditer les images dont il fut le
chantre, donner à voir l’âme humaine au travers de fresques semblables à celle
du grand maître de la peinture italienne de la Renaissance « Piero della
Francesca » dont il fut un inconditionnel.
J’ai eu la chance de voir de nombreux clichés des peintures
qu’Antonioni réalisait sur papier, figures abstraites devenues comme un substitut
de langage. Espérons qu’elles feront un jour l’objet d’un accrochage dans le
cadre d’une belle rétrospective.

