Portrait_Renzo_PianoUn fringant septuagénaire qui continue de créer et bâtir aux 4 coins de la planète des édifices prestigieux, prouesses architecturales, empreintes de poésie et du génie d’un des plus grands maîtres de l’architecture contemporaine.

Né il y a exactement 70 ans en Italie, le 14 juin 1937, Renzo piano est issu d’une lignée d’architectes, avec qui il fait ses premières armes. Il débute ses études à Florence puis Milan, où il suit l’enseignement de Fabrice Albini, chef de file du néo-rationaliste italien, qui prône la sobriété des matériaux, privilégiant le minimalisme et l’harmonie du design.

Portrait_de_Renzo_PianoD’abord  assistant de Marco Zanuso en Italie, il voyage au grès de ses collaborations, Philadelphie au côté de Louis Kahn, puis Londres avec Z.S. Makowsky, avant de se poser à Paris, en 1971, où il co-fonde avec Richard Rogers un atelier. Si vous passez rue des archives, vous pouvez voir une grande verrière avec de nombreux projets de maquette.

C’est en 1971 que ce jeune cabinet remporte le concours du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, qui marquera le début d’une carrière exceptionnelle. Le Président Pompidou décide de doter Paris d'un centre culturel qui soit aussi un musée et un lieu de création. C'est le projet révolutionnaire de Renzo Piano et Richard Rogers qui sera choisi par un jury international parmi près de 700 soumissions.

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« A chaque fois que je vais à Beaubourg, je me demande : Mais comment a-t-on pu construire ce bâtiment ? » Richard Rogers et moi étions jeunes, un peu fous. C’était en 1971, trois ans après 1968, à l’époque des Beatles, nous avions les cheveux longs, et nous héritions de cette époque. Ce projet était un peu comme un manifeste, une autre manière de voir les choses : la curiosité comme premier geste culturel gratuit. J’ai toujours eu des désirs excessifs. Avant, le musée était pour les élites. Notre idée, c’était de construire un lieu hospitalier où les différentes disciplines artistiques pourraient se croiser, se féconder. Rapprocher la musique, la peinture, la sculpture et  la bibliothèque. Ouvrir pour tous et n’empêcher personne de venir au musée. À l ‘époque, on a comparé notre projet à une raffinerie au milieu de Paris. Nous voulions mélanger le sacré de la culture et le profane de la ville, inventer deux dimensions en créant une place pour les cracheurs de feu et un endroit pour Picasso et Matisse ».  

 

A l’occasion des 30 ans du Centre Pompidou, vous pouvez visionner l’interview disponible sur le site du centre.

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Le Centre Pompidou, imposant parallélépipède de 166m de longueur par 60m de largeur, avec une hauteur de 40 mètres, créera un choc culturel important lors de sa construction, les architectes ayant adopté un partie pris de transparence, avec une façade bardée de tubulures métalliques, des ascenseurs et escalators courant jusqu’au sommet de l’édifice tel un lombrique géant translucide. A l’intérieur, les codes couleurs : du bleu pour l'air conditionné, du jaune pour l'électricité, du rouge pour les acheminements et du vert pour les circuits d’eau, donne le ton d’un réseau multicolore.

F_te_Bianca_juin_2007_042Les maquettes actuellement présentées à la Triennale de Milan dans la superbe exposition consacrée à Renzo Piano permettent de percevoir le squelette « du géant Beaubourg » et les coulisses de l’IRCAM – Incroyable car sous la place Stravinsky et les fameuses fontaines de Tinguely et Niki de Saint Phalle, se trouve une véritable fourmilière, dédiée à la voix et au sons. 

F_te_Bianca_juin_2007_035La construction du Centre Pompidou achevée, Renzo Piano retourne à Gènes et co-fonde un nouveau bureau avec l’ingénieur Peter Rice, qui réalise notamment le gigantesque aéroport international de Kansai (pas moins de 1.700m de long) a été construit sur une île artificielle près d’Osaka Le bâtiment est surmonté d’un toit spectaculaire reprenant le mouvement des vagues. En France, il réalise à la même époque le Synchrotron de Grenoble. 

1993, à la mort de son associé Renzo Piano fonde l’agence « Renzo Piano building workshop », basée à la fois à Gênes et à Paris, puis, en 1995, établit un cabinet d'architecture et de recherche à Tokyo. Il mène à terme plusieurs musées de premier plan : celui de  la Fondation Beyeler (1994-1997, Riehen, Suisse), le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou à Nouméa (1992-1998, Nouvelle-Calédonie) ou des immeubles, catharsis de son art et de sa maîtrise de la lumière : l’immeuble Hermès à Tokyo.

Olivier Castaing, Consultant artistique, le 14 juin 2007

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Depuis 1989, Renzo Piano collectionne les prix et distinctions :

1989 : Prix R.I.B.A (Royal Gold Metal for Architecture)  -  UK

1990 : Kyoto -  Prize – Inamori Foundation – Japon.

1994 : Goodwill Ambassador of Unesco for Architecture.

1998 : The Pritzker Architecture Prize – The White Home  Washington - USA (l’équivalent du prix Nobel en architecture).

2002 Médaille d’or U.I.A. (International Union of Architecture) – Berlin - Allemagne

 

F_te_Bianca_juin_2007_046Le Città visibili

Renzo Piano Building Workshop

(Les villes visibles de Renzo Piano)
Jusqu’au au 16 septembre 2007
La Triennale di Milano - Viale Alemagna, 6
Horaires : de 10h30 à 20h30 (sauf le lundi)

le site de la Triennale

Le site de l'agence Renzo Piano