Trinkaus_No1

Inaugurée il y a une quinzaine d’années sur la Karlsplatz, la Kunsthalle Wien avait été conçue comme un bâtiment provisoire par l’architecte Adolf Krischanitzt. Jusqu’au transfert de la Kunsthalle Wiendans le MuseumsQuartier, elle servit de cadre à de vastes expositions.

Le parallélépipède de la Karlsplatz est habillé d'une « peau de verre », variation ludique sur le concept original. Le café est devenu l'un des lieux de rencontre favoris de la Vienne branchée.

Actuellement, les différentes faces du parallélépipède sont habillées d’affiche taille anthropomorphique présentant le travail de l’artiste Gabi Trinkaus.

Cette jeune quadra, artiste viennoise originaire de Graz, a été formée à l’université des arts appliqués de Vienne. Son installation « One style, one size, unisex » se présente tel un T-shirt un peu transparent porté à même la peau, artefact d’un simple morceau de viande lardé, prêt à la consommation.


vienne_803

vienne_804 vienne_805

La viande devient la surface, l’interface qui uniformise, vous fond dans la masse, prenant le contre pied des codes de la mode devenus signes identitaires, fondement de la personnalité, choix délibéré de se distinguer ou au contraire de se noyer dans la masse.

L’enveloppe charnelle devenue étalon de mode, l’artiste traite les icônes chatoyantes de mode comme le ferait une simple publicité de supermarché pour son rayon boucherie. Elle manipule les images pour dénoncer les diktats de la mode comme refus de l’identité, trop formaté pour rester soi.

vienne_809 vienne_806

L’apparence du corps devenu médiateur, cette peau autre cerveau étalé, si révélatrice de nos états psychiques, devenue simple code charnelle identitaire, formaté, uniformisé, désincarné de sa personnalité, dénonçant toutes les publicités qui font l’apologie des produits cosmétiques miracles, des diktats des marques de mode et des interventions de chirurgie plastique à même de produire un corps idéal. Cette artiste n’a de cesse de dénoncer ces leurres de la publicité, qui induit en erreur, transposant les individus dans une réalité dangereuse, dans un mode trompeur, au risque de tomber dans les pièges d’une surenchère de phantasme inassouvis et d’idolâtrie des icônes de mode.

Olivier Castaing, Art consultant, Paris le 8 novembre 2007